Les prix du gaz devraient baisser en juin 2025. Mais cette embellie ne devrait pas durer bien longtemps, à en croire le dernier rapport Cyclope, spécialiste en la matière. Les besoins sont supérieurs aux stocks actuels, et les prix pourraient grimper de plus de 20 % sur l’année.
Les prix du gaz risquent de flamber
Le 1er juin 2025, le prix repère de vente du gaz (PRVG), établi par la Commission de régulation de l’énergie (CRE), enregistrera une nouvelle baisse de 4,31 %. Mais avant de se réjouir, il faut lire les petites lignes. Selon les projections du rapport Cyclope, cette respiration tarifaire risque bien d’être l’arbre qui cache une forêt de hausses. En cause : des tensions géopolitiques, un affaiblissement structurel de l’offre et une dépendance accrue au gaz naturel liquéfié (GNL).
Depuis le 1er janvier 2025, la Russie a cessé toute exportation de gaz via le territoire ukrainien. Cette décision, loin d’être anecdotique, prive l’Union européenne de 15 milliards de mètres cubes de gaz chaque année, soit environ 4 % de son approvisionnement total. La situation, déjà tendue depuis la guerre en Ukraine et la baisse progressive des flux russes, devient désormais un déficit structurel.
Le rapport Cyclope, référence française en matière de matières premières, résume la situation ainsi : « Le marché européen est dans un équilibre instable. » Autrement dit, il suffirait d’un incident climatique, logistique ou géopolitique pour que tout bascule. La baisse actuelle s’explique principalement par un recul temporaire des coûts d’approvisionnement : 37,44 euros par MWh en juin contre 42,58 euros en mai 2025. Mais cette détente pourrait être de courte durée.
Gaz : le GNL, plan B aussi risqué que coûteux
Privée d’une partie de ses importations terrestres, l’Europe a accru sa dépendance au gaz naturel liquéfié. Transporté par méthanier, ce gaz venu notamment des États-Unis et du Qatar rend le continent vulnérable à une double contrainte : celle du marché mondial et celle des infrastructures.
D’un côté, la demande asiatique, en plein essor, exerce une pression croissante sur les cargaisons disponibles. De l’autre, les capacités d’importation européennes, bien que renforcées depuis 2022, restent limitées. À cela s’ajoute une forte instabilité des prix sur les marchés.
Ainsi, selon l’estimation choc du rapport Cyclope, les cours moyens du gaz naturel en Europe devraient grimper de 23 % cette année. Le risque est d’autant plus élevé que les stocks européens sont déjà sous tension. Et, contrairement aux idées reçues, la transition énergétique ne garantit en rien un allègement immédiat de la facture : les alternatives sont encore marginales et souvent plus coûteuses.






