Flamanville : l’EPR voit son redémarrage une nouvelle fois repoussé

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Flamanville : l’EPR voit son redémarrage une nouvelle fois repoussé © L'EnerGeek

Le réacteur nucléaire de type EPR situé à Flamanville, dans la Manche, devait redémarrer le 11 avril 2025. Ce ne sera pas le cas. Pour la sixième fois depuis la mi-février, EDF a annoncé un nouveau report de la mise en service effective de son réacteur de troisième génération. Une séquence de plus dans un parcours industriel déjà marqué par une succession de retards et de difficultés techniques.

EDF confirme la prolongation de l’arrêt de Flamanville

La nouvelle a été confirmée le 10 avril par une communication officielle d’EDF : l’arrêt du réacteur est prolongé afin de procéder à des opérations de maintenance sur plusieurs équipements essentiels au processus de montée en puissance. Ces équipements sont localisés dans la partie nucléaire de l’installation, selon les précisions du groupe. EDF insiste sur le fait que le démarrage d’un réacteur est par nature un processus complexe, long et évolutif, susceptible de générer de multiples ajustements. À ce titre, l’entreprise indique que des phases répétées d’arrêts, de redémarrages et de reconnexions au réseau sont considérées comme normales dans le cadre de cette montée en charge initiale.

Mis en service pour la première fois le 21 décembre 2024, le réacteur EPR de Flamanville 3 avait été raccordé au réseau électrique national ce jour-là à 11h48. Cependant, à peine quelques semaines plus tard, le 15 février 2025, une première interruption est survenue à 00h30, déclenchée par une baisse de performance du circuit EVU/SRU, utilisé uniquement en cas de situations accidentelles graves. Cet incident a été immédiatement communiqué à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, comme l’exige le protocole. Depuis cette date, les prolongations d’arrêt se sont succédé, motivées par des besoins de réglage, de vérification ou d’intervention technique.

Nucléaire : l’EPR n’a fonctionné que quelques jours

Au fil des semaines, plusieurs interventions ont été rendues nécessaires. EDF a notamment procédé à la maintenance d’une sonde de température du circuit primaire, à des réglages sur le groupe turboalternateur ainsi qu’à une opération de nettoyage des échangeurs impliqués dans le système de refroidissement. Chacune de ces étapes, bien que présentée comme normale dans le cadre d’un premier cycle, allonge le délai de démarrage complet du réacteur.

Comme le rappelle Capital le 11 avril 2025, le réacteur n’a fonctionné que 24 jours depuis sa mise en service. Sur cette période, il a déjà connu 76 jours de maintenance. Toujours selon cette source, plusieurs éléments techniques seraient à l’origine des décalages successifs, notamment un instrument de mesure de la qualité de l’eau du circuit primaire. Des travaux supplémentaires seraient envisageables, bien que potentiellement repoussés à la visite technique complète prévue au printemps 2026.

Flamanville : Pas de quoi s’inquiéter selon EDF

De son côté, EDF s’attache à rassurer l’opinion et les observateurs du secteur. Dans sa communication datée du 10 avril 2025, l’opérateur rappelle que « le premier démarrage d’un réacteur est un processus long, s’étendant sur plusieurs mois », et qu’il implique une mise en service des équipements « en configuration complète », nécessitant des validations techniques successives et parfois des ajustements du planning de recouplage. Le groupe précise également que ces ajustements, bien que non négligeables, n’impliquent pas de remise en cause de la sûreté ou de la fiabilité du réacteur.

Toutefois, certains éléments suscitent des interrogations persistantes. La Tribune évoque une possible avarie sur le turboalternateur. Selon cette hypothèse, des travaux lourds dans une zone difficile d’accès pourraient expliquer le report actuel, voire contraindre EDF à adapter son calendrier plus largement. Cette information, non confirmée officiellement par l’entreprise, alimente un climat d’incertitude sur la stabilité des équipements clés du réacteur.

Quand redémarrera Flamanville ?

La date du 17 avril 2025, avancée comme nouvel objectif pour un redémarrage progressif, reste à ce stade indicative. Selon les informations croisées, la montée en puissance du réacteur devrait s’étaler jusqu’à l’été, période à laquelle EDF prévoit d’atteindre la pleine capacité de production, estimée à 1 650 mégawatts. En attendant, l’exploitant poursuit ses vérifications, ses réglages et ses essais sur les différents circuits du système.

Ce nouveau report soulève naturellement des interrogations sur la fiabilité de la technologie EPR dans sa phase de lancement. L’expérience de Flamanville rappelle les précédents industriels connus à l’international, notamment en Finlande avec l’EPR d’Olkiluoto 3, ou encore en Chine avec les retards initiaux de Taishan. Il semble que chaque mise en service de cette technologie implique des phases de rodage complexes, qui mobilisent intensément les équipes d’ingénierie et de maintenance.

Le projet EPR de Flamanville représente un investissement colossal, dont les derniers chiffres estimés dépassent les 13 milliards d’euros. La relance du nucléaire en France passe inévitablement par la réussite de ce projet emblématique. Mais à mesure que les échéances glissent, la démonstration industrielle attendue peine à se matérialiser.

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