Aptera : une voiture électrique solaire parcourt la Route 66 sans recharge

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Aptera : une voiture électrique solaire parcourt la Route 66 sans recharge
Aptera : une voiture électrique solaire parcourt la Route 66 sans recharge © L'EnerGeek

Le 28 mars 2025, la Route 66 a vu défiler un véhicule pas comme les autres : une voiture électrique solaire, conçue par la start-up américaine Aptera, a parcouru 480 kilomètres sans une seule recharge sur secteur. Ce projet, à cheval entre performance technique et opération séduction, met une fois de plus la voiture électrique solaire au cœur du débat sur l’avenir de la mobilité autonome et propre.

Une voiture électrique solaire sur la Route 66

Aptera ne fait rien comme les autres. Et pour cause : son véhicule à trois roues, ultraléger et au design digne d’un prototype d’aéronautique, affiche un coefficient de traînée aérodynamique (Cx) de 0,13, l’un des plus bas du marché automobile, bien devant la Tesla Model 3 et son 0,23. Le résultat est une consommation annoncée de 6,25 kWh/100 km, soit 16 km par kilowattheure. Impressionnant sur le papier.

Le trajet de démonstration, réalisé entre Flagstaff (Arizona) et Imperial Valley (Californie), a été conduit par Steve Fambro, cofondateur d’Aptera. Malgré une météo capricieuse, la voiture a produit jusqu’à 545 watts d’énergie solaire grâce à ses panneaux embarqués. Le pari ? Une traversée sans recharge externe. « Presque tout le monde que nous avons croisé avait son téléphone sorti pour nous filmer », a-t-il commenté sur le blog Aptera, évoquant l’étrangeté du design futuriste de la voiture.

Un prototype ambitieux… mais pas (encore) prêt pour la série

C’est là que le bât blesse : si la promesse d’Aptera est d’atteindre jusqu’à 1 600 km d’autonomie avec une batterie complète et un soutien solaire quotidien, seuls 480 km ont été couverts lors de ce test. Même si c’est un exploit technique, cela reste en dessous des promesses répétées. Pour mémoire, Aptera revendique une autonomie de 64 kilomètres par jour grâce au solaire seul, selon les conditions optimales.

Lors du trajet, le véhicule était rechargé uniquement par le soleil… mais sous ciel nuageux. Du côté de la recharge conventionnelle, la voiture est équipée du port NACS (North American Charging Standard) développé par Tesla. Toutefois, aucune donnée officielle n’a été communiquée sur la capacité réelle de la batterie ni sur le temps de recharge, un flou inquiétant pour les investisseurs comme pour les clients.

Séduire les investisseurs : le vrai moteur de ce voyage solaire

Ce n’était pas un simple road-trip. Aptera cherche toujours à lever 60 millions de dollars pour entrer en production d’ici fin 2025. Le voyage sur la Route 66 n’avait pas uniquement une visée technique, mais surtout commerciale et stratégique. Il fallait démontrer la viabilité du projet, et convaincre que la voiture électrique solaire n’était plus seulement un fantasme.

« Chaque kilomètre parcouru nous rapproche d’un avenir où les voyages seront alimentés par le soleil », affirme la marque sur son site officiel. Le message est clair : il s’agit de faire rêver. Mais les investisseurs, eux, attendent des performances fiables et mesurables.

Même si l’engin a bravé les cols montagneux, les vents désertiques et les nids-de-poule, sa structure à trois roues, son habitacle réduit et son usage encore très limité sur route posent des questions. Cette voiture peut-elle réellement s’adapter aux réalités du quotidien d’un automobiliste lambda ? Le coût annoncé de 40 000 dollars (environ 37 000 euros) pour la version de lancement semble optimiste pour un marché de niche. Une version d’entrée de gamme est évoquée, avec 400 km d’autonomie, mais sans précisions sur la fiabilité du chiffre.

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