La Chine a annoncé, ce lundi 31 mars 2025, avoir découvert un important gisement de pétrole en mer de Chine méridionale. Une annonce qui intervient alors que plusieurs grandes puissances, dont la Russie, multiplient les initiatives pour sécuriser l’accès à leurs ressources énergétiques.
Un gisement de pétrole en mer de Chine méridionale
Le 31 mars 2025, les autorités chinoises ont officialisé la découverte d’un nouveau champ pétrolier, nommé Huizhou 19-6, situé à 170 kilomètres au sud-est de Shenzhen, dans une portion non disputée de la mer de Chine méridionale. D’après la China National Offshore Oil Corporation (CNOOC), ce gisement contiendrait plus de 100 millions de tonnes de réserves prouvées. La production expérimentale déjà engagée atteint 413 barils de brut et 68 000 mètres cubes de gaz par jour.
Cette avancée technique s’inscrit dans la stratégie à long terme de la Chine pour renforcer sa sécurité énergétique. Bien que localisé en dehors des zones de souveraineté contestée, ce champ se trouve dans une région hautement sensible, où Pékin revendique une très large emprise maritime sur la mer de Chine méridionale. Dans ce contexte, cette exploitation pourrait accentuer la pression géopolitique dans un espace traversé par les intérêts énergétiques et les rivalités maritimes, notamment avec les Philippines, le Vietnam et Taïwan.
Une dynamique mondiale
L’annonce chinoise intervient moins d’un an après celle de la Russie, qui a affirmé avoir identifié un méga-gisement de pétrole en Antarctique, estimé à 511 milliards de barils. Bien que toute exploitation commerciale y soit interdite par le Traité sur l’Antarctique de 1959, cette révélation a suscité de vives inquiétudes dans les milieux diplomatiques et environnementaux. La présence du navire de recherche Alexander Karpinsky, chargé de campagnes sismiques, a été interprétée comme un possible prélude à une tentative de contournement du cadre juridique international en vigueur.
La Chine et la Russie, partenaires stratégiques sur plusieurs volets énergétiques, affichent une complémentarité croissante dans leurs politiques d’exploration. Tandis que Moscou renforce sa présence dans l’Arctique et évalue les ressources de l’Antarctique, Pékin accélère ses opérations en mer de Chine méridionale. Ce mouvement coordonné, bien que non formalisé, structure aujourd’hui un nouvel axe énergétique concurrent des approches occidentales. Washington, de son côté, en plus de ses visées sur les ressources ukrainiennes, accentue sa pression sur le Groenland — réputé pour regorger de terres rares — en vue d’obtenir un accès à l’Arctique. Des dynamiques qui confirment que la compétition pour les ressources énergétiques et critiques structure bel et bien à nouveau la (re)configuration de l’ordre mondial.




