L’énergie solaire photovoltaïque est en passe de devenir la source d’électricité qui se développe le plus vite dans le monde, notamment grâce à des innovations comme le super-panneau solaire. Avec une population qui devrait atteindre 9,1 milliards d’habitants d’ici 2050, il faut trouver des solutions pour nourrir tout le monde tout en produisant de l’électricité respectueuse de l’environnement. C’est là que l’agrivoltaïque entre en scène : cette technique combine agriculture et installation de panneaux solaires sur un même terrain. Au Canada, chercheurs et agriculteurs s’y intéressent de près.
Des chercheurs de l’Université de Western Ontario ont récemment publié une étude dans la revue « Applied Energy » qui met en avant tout le potentiel de l’agrivoltaïque au Canada. Dès le passé, notre pays a souvent été pionnier en Amérique du Nord en expérimentant l’élevage de moutons sous panneaux solaires. Par contre, si l’on compare avec les États-Unis – des États comme le Texas ont même triplé leur cheptel ovin – le Canada semble un peu à la traîne. À noter que, chaque année, les importations de moutons et d’agneaux représentent plus de 250 millions de dollars.
Malgré ce retard, l’agrivoltaïque propose de nombreux avantages pour les moutons. Ils profitent de l’ombre des panneaux solaires et d’une herbe qui pousse mieux tout en étant protégés des prédateurs. Pour nos agriculteurs et bergers, ce système permet aussi de se passer des dépenses élevées liées aux herbicides ou à la tonte mécanique, tout en assurant un revenu stable grâce à la présence régulière des moutons.
Les bons côtés sur le plan environnemental et économique
Du côté des infrastructures, les fermes solaires disposent de clôtures solides et d’une surveillance renforcée, ce qui renforce la sécurité du bétail. En plus, l’ombrage partiel aide le sol à retenir son humidité, le rendant ainsi plus résistant aux conditions climatiques difficiles. Par ailleurs, l’agrivoltaïque a déjà montré son efficacité dans des domaines comme la viticulture et la production d’olives.
Sur le plan économique et pour la planète, cette méthode permet de réduire la quantité de gaz à effet de serre liés à l’agriculture. Elle offre aussi une super opportunité pour rapatrier sur le sol canadien les millions qu’on dépense en importations ovines. Joshua Pearce, co-leader de l’étude canadienne, souligne qu’il existe « une énorme opportunité économique » si le Canada utilise mieux ses terres agricoles sous panneaux solaires.
Perspectives économiques prometteuses
L’étude menée en Ontario montre qu’avec moins de 1 % des terres agricoles du Canada, on pourrait se passer d’électricité produite à partir des combustibles fossiles. Aux États-Unis, ce même petit pourcentage permettrait de couvrir 20 % de leur production électrique actuelle grâce à l’agrivoltaïque. Certes, cette approche entraîne quelques complications commerciales, mais les bénéfices économiques restent très attractifs.
Deux modèles économiques ont été étudiés : soit élever directement sur la ferme, soit acheter aux enchères. Les résultats indiquent des marges EBITDA supérieures aux normes actuelles, avec un retour sur investissement qui varie entre 16 % et 43 %, selon le modèle adopté.
Les chercheurs espèrent que ces découvertes encourageront davantage d’agriculteurs canadiens à se lancer dans cette méthode innovante. Mélanger panneaux solaires et élevage de moutons pourrait bien transformer notre manière de produire énergie et nourriture, tout en renforçant notre position sur la scène mondiale.






