GRTgaz devient NaTran et mise sur les gaz renouvelables

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GRTgaz devient NaTran et mise sur les gaz renouvelables © L'EnerGeek

Ne l’appelez plus GRTgaz : l’opérateur français du transport de gaz se transforme et devient NaTran. Derrière ce nouveau nom, une ambition renouvelée et une réorientation stratégique vers les gaz renouvelables, marquant un tournant décisif dans l’évolution du secteur énergétique. 

NaTran : un engagement chiffré pour la transition énergétique

« Un simple changement de nom ? Certainement pas. » Lorsqu’une entreprise comme GRTgaz (désormais NaTran) adopte une nouvelle identité, ce n’est jamais anodin. La refonte n’est pas seulement esthétique : elle reflète un projet industriel ambitieux, profondément ancré dans la transition énergétique.
Selon Sandrine Meunier, directrice générale de NaTran, ce nom traduit à la fois la nature (« Na ») et le transport (« Tran »), soulignant la volonté du groupe de devenir un acteur central du transport des gaz renouvelables. Le logo et la couleur jaune, inspirée des bornes signalant les infrastructures gazières, viennent compléter cette nouvelle identité visuelle.

Si NaTran veut incarner une entreprise tournée vers l’avenir, ses engagements doivent être à la hauteur des attentes. Le groupe prévoit une augmentation massive de ses investissements dans la transition énergétique :

  • 50 % des investissements seront à présent dédiés aux infrastructures vertes (contre 25 % actuellement).
  • 1 000 km de réseaux dédiés à l’hydrogène et au CO₂ seront déployés en Europe.
  • L’ambition est de multiplier par cinq la quantité de gaz renouvelables (biométhane, hydrogène vert, etc.) transportée d’ici à 2030.

Pour le moment, 11,6 TWh de biométhane sont injectés dans le réseau. La programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit une injection de 44 TWh en 2030, soit 15 % de la consommation nationale de gaz. Un défi que NaTran entend relever en adaptant ses infrastructures existantes.

Un rôle clé dans les nouveaux réseaux d’hydrogène et de CO₂

L’un des projets phares de NaTran concerne la mise en place d’un vaste réseau de transport d’hydrogène en Europe, notamment via le projet BarMar reliant l’Espagne à la France par la Méditerranée et le corridor H2Med qui suivra l’axe du Rhône.
L’objectif ? Permettre l’acheminement de l’hydrogène produit en péninsule ibérique vers le nord de l’Europe, où la demande industrielle est forte. Une partie des infrastructures sera également consacrée au transport du CO₂, pour répondre aux besoins des grands pôles industriels comme Dunkerque, Le Havre ou Saint-Nazaire. Le financement de ces projets reste un enjeu stratégique : leur mise en œuvre dépendra largement des aides européenneset des partenariats industriels.

Ce changement de cap soulève également la question de l’impact sur les emplois et l’organisation interne de l’entreprise. Selon Sandrine Meunier, les 3 300 postes existants seront maintenus, mais certaines fonctions évolueront.
« Les compétences gazières resteront essentielles, mais nous devons adapter nos méthodes de conception, de maintenance et de gestion des infrastructures », précise la dirigeante. En parallèle, NaTran intensifie sa collaboration avec RTE, le gestionnaire du réseau électrique, pour assurer une meilleure coordination entre les infrastructures gaz et électricité.

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