Bornes de recharge : Pari — presque — gagné pour le gouvernement ?

Bornes de recharge : Pari — presque — gagné pour le gouvernement ?

bornes de recharge

Si l’objectif du plan 100 000 bornes ne devrait pas être atteint d’ici la fin de l’année, les perspectives sont encourageante grâce au dynamisme des ventes de véhicules électriques et l’écosystème créé sous l’impulsion du gouvernement composé de groupes privés ou de collectivités, comme E.Leclerc, LIDL, Système U, Green Yellow, la Métropole du Grand Paris, la FNCCR, ainsi que Izivia, Engie et ENEDIS.

L’année 2020 fut un tournant dans la transition énergétique du secteur automobile. Malgré la pandémie, la filière a constaté une progression inédite des immatriculations de véhicules électriques. Le pays devrait en compter à minima un million en 2022, qu’il sera nécessaire d’alimenter en « carburant ». Le plan 100 000 bornes, initié par les pouvoirs publics, avait pour but de répondre à ce défi et d’encourager la transition électrique du secteur de la mobilité, qui demeure le principal émetteur de gaz à effet de serre en France. L’exécutif voulait créer un écosystème dynamique et, si les 100 000 bornes ne seront pas atteintes un an après, le pari est plutôt réussi.

Un attrait toujours plus marqué pour la mobilité électrique 

Avec 13,5 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables en circulation en 2030, soit 95 % des ventes de véhicules neufs selon le cabinet d’études Delta-EE, l’objectif des 100 000 bornes de recharges sur le territoire était nécessaire, mais aussi ambitieux. S’il ne sera certainement pas rempli, le dynamisme du secteur de la vente de véhicules électriques devrait entraîner le développement du réseau de bornes électriques sur le territoire, créant ainsi un cercle vertueux. Pour rappel, la mobilité électrique a vocation à permettre une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre tout en diminuant la pollution sonore notamment dans les villes puisqu’un véhicule électrique émet 77 % d’émissions de CO2 en moins qu’une voiture à essence en France, de la production jusqu’à sa fin de vie, selon les conclusions d’une étude menée en 2020 par la Fédération européenne pour le transport et l’environnement.

Dans une démarche globale pour accentuer la mobilité électrique en France (primes à la conversion, etc.), le gouvernement avait souhaité soutenir le déploiement du réseau de bornes de recharge afin de quadriller le territoire, tout en assurant une diversité d’usages pour soutenir la transition vers le moteur électrique. Avec des acteurs issus du secteur privé comme E. Leclerc (1er CA parmi les enseignes de la distribution français) ou Izivia, une filiale d’EDF, premier exploitant de bornes publiques en France, mais aussi d’importantes collectivités comme la métropole du Grand Paris, des synergies entre les secteurs privé et public se sont lancées afin de créer un écosystème de haut niveau. Selon Olivier Durin, rédacteur en chef du Monde de l’Énergie et auteur d’une tribune sur le sujet publiée dans Le Cercle Les Échos, Izivia fait partie des rares acteurs « en capacité de maîtriser l’ensemble de la chaîne, depuis la partie conseil jusqu’à l’exploitation technique, en passant évidemment, par la fourniture et l’installation des bornes et également les services aux utilisateurs. Peu d’entreprises, en Europe, en sont capables. »

La France, très bon élève au niveau européen

Le dynamisme du secteur de la mobilité électrique en France et le volontarisme politique lui permettent désormais de se placer à la 2e position dans le classement des pays d’Europe les mieux équipés en matière d’infrastructures de recharge, derrière les Pays-Bas et devant l’Allemagne. L’Hexagone devrait même proposer à terme une borne pour 2 voitures électriques.

Sous l’impulsion du plan 100 000 bornes, la France a pu développer un écosystème qui dispose de l’expertise requise afin de réussir le pari du partenariat public/privé du gouvernement. En outre, en sollicitant les grandes enseignes françaises de la distribution, le gouvernement a avantageusement associé au plan des acteurs disposant d’une implantation plutôt homogène sur le territoire et notamment dans les zones rurales, parfois oubliées de la transition énergétique de la mobilité. Si tous les voyants sont au vert, les pouvoirs publics doivent maintenir leur soutien effectif à la filière, pour encourager les conducteurs à repenser leurs usages et à entamer leur transition vers la mobilité électrique.

Rédigé par : La Rédaction

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