Maxence Cordiez - « Si l’objectif est de décarboner notre économie pour limiter le dérèglement climatique, l’énergie nucléaire est nécessaire »

Maxence Cordiez – « Si l’objectif est de décarboner notre économie pour limiter le dérèglement climatique, l’énergie nucléaire est nécessaire »

  • L’intérêt du nucléaire en tant que mode de production à faible source d’émissions de CO2 est-il un argument suffisant pour soutenir sa viabilité à long-terme ?

 

Le dérèglement du climat est porteur d’enjeux vitaux : accroissement de la probabilité d’occurrence et de l’intensité de phénomènes météorologiques extrêmes tels que des inondations, sécheresses, tempêtes, submersions côtières… Ces conséquences affecteront directement ou indirectement les populations en modifiant par exemple les rendements agricoles et l’accès à l’eau, ce qui aura pour conséquence une aggravation de l’insécurité alimentaire de nature à provoquer guerres et migrations.

Cette évolution rapide du climat est le fait des activités humaines. Elle est due principalement à l’usage de combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) comme sources d’énergie. Encore aujourd’hui, ces trois sources d’énergie représentent 80 % de l’énergie primaire transformée au niveau mondial, loin devant les deux premières sources d’énergie bas-carbone que sont l’hydroélectricité (7 %) et le nucléaire (4 %). L’éolien et le solaire comptent quant à eux respectivement pour 2 % et 1 % du total.

Pire, la source d’énergie dont la consommation a le plus augmenté depuis 2000 est le charbon, porté par le développement économique de la Chine. Ces dernières années, c’est le gaz fossile qui progresse le plus. En 2018, les combustibles fossiles ont constitué les deux tiers de l’augmentation de la consommation énergétique mondiale. L’ensemble des alternatives : biomasse, nucléaire et énergies dites « renouvelables » ne répondent même pas à la moitié de l’augmentation de la consommation énergétique mondiale. On est loin de stabiliser — et à plus forte raison de faire refluer — volontairement la consommation de combustibles fossiles.

La première conséquence à cela est que maintenir le climat sous la barre de 2 °C nécessitera avant de toute chose de réaliser de très sérieuses économies d’énergie, surtout dans les pays développés où l’énergie consommée par personne est la plus élevée.

Enfin, nous aurons besoin de toutes les alternatives aux combustibles fossiles dont nous disposons, en particulier celles capables de fournir de grandes quantités d’énergie à la demande. C’est d’ailleurs pour cette raison que la biomasse (pas nécessairement bas-carbone ni renouvelable), l’hydroélectricité et le nucléaire sont les trois alternatives aux combustibles fossiles les plus utilisées au niveau mondial.

 

  • Certaines associations pointent du doigt la moindre protection des centrales nucléaires et leur vulnérabilité à une attaque extérieure éventuelle. La sécurité et la sûreté des centrales nucléaires sont-elles assurées ?

 

L’énergie nucléaire est parmi les sources d’énergie les plus sûres dont on dispose. Avec 0,07 morts par TWh, elle compte parmi celles entraînant le moins de décès par TWh produit, bien loin après le charbon (en tête de ce macabre classement avec 25 morts/TWh), le pétrole (18 morts/TWh), le gaz (3 morts/TWh) ou même l’hydroélectricité. À titre d’exemple, la rupture du barrage de Banqiao en Chine en 1975 a entraîné, selon les autorités chinoises, la mort de 26 000 personnes directement, plus d’une centaine de milliers de morts indirectes du fait des famines et épidémies induites et affecté la vie de 10 millions de personnes. Les centrales nucléaires doivent être protégées, c’est une évidence, mais ce ne sont pas les seules installations dangereuses en France, ni même les plus dangereuses. Une rupture du barrage de Vouglans provoquerait à Lyon une élévation de 10 mètres du Rhône, et pourtant il s’agit d’un risque géré dont on ne parle jamais et qui n’empêche personne de dormir. Les exemples de ce genre sont légion.

En fait, la perception de l’énergie nucléaire par rapport aux autres sources d’énergie est comparable à celle de l’avion par rapport à la voiture. L’avion effraie davantage car la majorité de la population ne comprend pas comment il peut se maintenir en l’air et qu’un crash est souvent dramatique, contrairement à la voiture dont le fonctionnement général est simple et rassurant, et dont les accidents tuent peu de monde à chaque fois. Pourtant, la voiture est bien plus dangereuse par passager.km que l’avion. Il en va de même avec l’énergie nucléaire. Si elle peut tuer en cas d’accident, on ne met jamais cela en regard du fait que l’usage de combustibles fossiles tue beaucoup plus et tue en fonctionnement.

La sûreté des installations nucléaires est contrôlée par une autorité technique indépendante : l’autorité de sûreté nucléaire (ASN). Celle-ci a démontré à de nombreuses reprises son indépendance et son intransigeance. Par exemple, elle a exigé en 2017 la mise à l’arrêt de la centrale du Tricastin jusqu’à ce qu’EDF renforce la digue du canal de Donzère-Mondragon. Autre exemple, en 2019, elle a imposé à EDF de refaire 8 soudures particulièrement complexes avant de pouvoir démarrer l’EPR de Flamanville. Soit on fait confiance à l’ASN et on accepte ses avis (qu’ils aillent ou non dans le sens de nos idées reçues), soit ce n’est pas le cas et il faut expliquer les raisons de cette défiance et réformer l’ASN pour y remédier. Pour ma part, je lui fais entièrement confiance.

Certaines ONG et partis politiques se sont construits autour du combat antinucléaire, à une époque où le changement climatique n’était pas un sujet. Cela a pu les amener à défendre des positions très tranchées reposant sur des arguments souvent discutables. Aujourd’hui, il est temps de revoir les priorités. Si nous ne parvenons pas à endiguer le changement climatique, il ne peut y avoir une quelconque durabilité de quoi que ce soit.

 

  • Que pensez-vous des nouveaux projets d’enfouissement des déchets (CIGEO) ou de traitement des nitrates (Malvési) qui, eux aussi, suscitent des inquiétudes de la part des populations locales ou des opposants, notamment en termes de sécurité des sites et d’empreinte environnementale ?

 

Les déchets nucléaires sont gérés, par durée de vie et niveau d’activité, de manière à éviter toute incidence sur l’environnement et les populations. À l’opposé, c’est parce que nous ne gérons pas les déchets des combustibles fossiles et que nous les rejetons dans l’environnement (particules fines, gaz à effet de serre…) qu’il y a tant de morts dus à la pollution de l’air et que le climat change rapidement. Les déchets nucléaires n’ont jamais tué personne, les déchets des combustibles fossiles tuent directement aujourd’hui (pollution de l’air) et tueront de plus en plus indirectement à l’avenir (conséquences du dérèglement climatique).

Concernant CIGEO, il s’agit de stocker les déchets de haute activité et de moyenne activité à vie longue. Les premiers concentrent la quasi-totalité de la radioactivité des déchets nucléaires sur un très faible volume, inférieur à celui d’une piscine olympique pour plus de 50 ans de production électrique française ! C’est parce que ce volume est réduit qu’on peut gérer les déchets correctement et parce qu’il est gigantesque dans le cas des combustibles fossiles qu’on ne peut pas le gérer. Cela découle de la nature même de l’énergie nucléaire qui est une source d’énergie extrêmement concentrée. Vu que la fission d’un gramme d’uranium dégage autant d’énergie que la combustible d’une tonne de pétrole, le volume des déchets est incomparablement plus faible dans le premier cas que dans le second.

En outre, en France les assemblages d’uranium passés en réacteur sont retraités (une seule fois tant que nous ne construisons pas des réacteurs à neutrons rapides qui permettent un multirecyclage quasiment illimité). Cela permet de réutiliser 96 % de la matière et les 4 % restants sont vitrifiés, le verre étant une matrice très stable chimiquement et dans le temps. Le retraitement, en retirant le plutonium qui servira à refaire du combustible MOX, permet de réduire la durée pendant laquelle les colis de déchets vitrifiés restent actifs. Leur activité décline ainsi exponentiellement jusqu’à pouvoir être considérée équivalente à celle du minerai d’uranium extrait du sol au bout d’environ 10 000 ans. Des cylindres de verre dans des conteneurs en acier inoxydable et surconteneurs en acier noir, stockés à 500 mètres sous terre dans une couche d’argile étanche et géologiquement stable n’auront pas bougé à cette échelle de temps.

 

  • Certaines voix avancent que les solutions de stockage (futures ou existantes) ou le recours accru à l’hydraulique peuvent venir combler l’intermittence des renouvelables. Où en est la France dans ce domaine ?

 

La quasi-totalité du potentiel hydroélectrique français est exploité. En outre, si ce n’était pas le cas, ce genre de grand projet pose aussi des questions d’acceptabilité. Il suffit de regarder l’opposition au barrage de Sivens, infrastructure de taille modeste destinée à l’agriculture, pour réaliser qu’il serait difficile aujourd’hui de noyer une vallée pour construire un nouveau barrage avec son lac de retenue.

Cela étant dit, l’hydroélectricité est la source d’énergie bas-carbone qui progresse le plus à l’échelle mondiale, portée par d’immenses projets. Le barrage des Trois Gorges en Chine, c’est 12,5 fois la puissance de la centrale de Fessenheim. Seule l’hydroélectricité permet de genre de gigantisme, à la fois dans les infrastructures et dans la production électrique. Mais là encore, il y a un coût environnemental et humain à payer : 1545 km2 de terres inondées, soit 15 fois la superficie de Paris, déplacement permanent de 1,8 millions d’habitants (soit 11 fois les 160 000 personnes évacuées — dont une partie de manière temporaire — à la suite de l’accident de Fukushima), disparition de milliers de sites historiques, extinction d’espèces comme le dauphin de Chine… Aucune source d’énergie n’est « propre » ni « verte ». Il s’agit toujours d’arbitrages entre des conséquences très diverses.

Pour en revenir au stockage d’énergie, tout changement de vecteur énergétique (liaisons chimiques vers électricité, électricité vers dihydrogène, énergie cinétique vers électricité…) implique des pertes énergétiques irréductibles. Ces changements de vecteur énergétique nécessitent également des infrastructures souvent onéreuses : barrages, centrales nucléaires, batteries, électrolyseurs… Autrement dit, si le stockage d’énergie à grande échelle ne s’est pas développé jusqu’à présent, c’est moins pour des raisons techniques que physiques : les pertes énergétiques et infrastructures nécessaires renchérissent fortement le prix de l’énergie. Alors que celle-ci est amenée à devenir plus chère du fait de l’épuisement des ressources fossiles, il est douteux que l’on consente à voir son coût augmenter encore davantage à l’avenir.

Le seul moyen significatif de stockage dont on dispose consiste à pomper de l’eau dans un lac en aval vers un lac en amont pour la faire s’écouler à travers une turbine quand un besoin d’électricité émerge. Ce dispositif ne déroge pas à la règle précédente et il nécessite des infrastructures et induit des pertes énergétiques de 20 % dans les cas les plus favorables.

 

  • Pensez-vous — et sous quelles conditions — qu’il est tout de même possible d’envisager une baisse du nucléaire dans notre mix énergétique sans hausse des émissions de gaz à effet de serre ?

 

Ce n’est pas la bonne question. La part de l’énergie nucléaire — comme de n’importe quelle source d’énergie — dans le bouquet électrique ou énergétique ne constitue pas un objectif en elle-même. C’est un outil permettant de servir différents objectifs : décarbonation, réduction de notre exposition face à des combustibles fossiles dont les réserves s’épuisent, coût de l’énergie, indépendance énergétique… Si l’objectif est de décarboner notre économie pour limiter le dérèglement climatique tout en préservant une partie de ce qui nous sépare de l’ère pré-industrielle, l’énergie nucléaire est nécessaire.

Rappelons que l’énergie nucléaire représente en France 75 % de la production électrique qui elle-même représente 23 % de la consommation énergétique finale. Le nucléaire, c’est donc environ 17 % de l’énergie finale que l’on consomme : bas-carbone, avec plus d’une dizaine d’années de réserves stratégiques, très peu de pollution, pas de morts, peu de déchets, ceux-ci étant gérés.

A côté, le gaz fossile représente 19 % de l’énergie finale, les carburants pétroliers vont plus loin et comptent pour 45 % de l’énergie finale transformée ! Or l’approvisionnement mondial est aujourd’hui suspendu aux pétroles de roches-mères (dits « de schiste ») américains dont la pérennité est loin d’être assurée à court terme. Les alertes se multiplient quant à un risque de choc pétrolier imminent. Le pétrole et le gaz aggravent par leur combustion le changement climatique, ils contribuent (surtout le pétrole) à la pollution atmosphérique en ville et nos réserves stratégiques ne s’élèvent qu’à une centaine de jours.

Pour revenir à la question, si l’on veut atteindre la neutralité carbone nécessaire pour conserver un climat vivable, ce n’est pas ne pas augmenter les émissions qu’il faut, c’est les diviser par 15 pour passer de 464 MtCO2 à la trentaine de millions de tonnes équivalent CO2 que peuvent absorber nos forêts et prairies. C’est un défi absolument gigantesque, que nous n’aurons des chances de relever que si nous l’abordons avec pragmatisme, sans mélanger les objectifs et moyens d’y parvenir.

Rédigé par : Maxence Cordiez

Maxence Cordiez
Ingénieur diplômé de Chimie ParisTech – PSL et titulaire d’une maîtrise en cycle du combustible nucléaire, Maxence Cordiez a occupé divers postes en ingénierie d’étude avant de rejoindre l’ambassade de France à Londres de 2016 à 2018 en tant qu’adjoint au conseiller nucléaire. Il a ensuite rejoint un grand organisme de recherche français spécialisé dans les énergies bas-carbone, pour lequel il a d’abord réalisé des analyses stratégiques. Il s’occupe à présent d’affaires européennes. En parallèle de ses activités professionnelles, Maxence Cordiez publie régulièrement des articles traitant des liens entre énergie, écologie, économie et changement climatique dans des journaux nationaux et revues spécialisées. Il est également actif sur Linkedin et Twitter sur ces problématiques.
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COMMENTAIRES

  • un article écrit par un professionnel du nucléaire, qui vite et qui pense par et pour le nucléaire ! aucun intérêt ! mettre en avant cette technologie morbide sans prendre en compte le problème des déchets est une infamie ! Et le démantèlement? qui va payer pour tout ça? il faut sortir de cette impasse typiquement française le plus vite possible.

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  • Très bonne interview qu’on aimerait voir aussi dans des médias à plus forte audience ! Dans le débat passionné du nucléaire civil, il y a quand même une constante : les pro-nucléaires appuient leurs arguments sur des faits et chiffres démontrés par des études scientifiques (ce qui est le cas ici de Maxence Cordier), tandis que les anti (surtout les plus radicaux : Greenpeace, les Verts …) ne citent que très peu de chiffres ou alors des résultats très partiels qui vont dans leur sens, et agitent le drapeau de la peur : c’est dangereux, c’est trop cher, on sait pas faire et les déchets c’est pas bien !

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  • A mon avis, deux dimensions ne sont pas assez débattues ici: d’une part l’attitude des opinions et donc des gouvernements, affection ou rejet, d’autre part les caractéristiques technoéconomiques de l’énergie nucléaire (poids des investissements, durées de construction, durées d’exploitation, durées de post exploitation). Si personne ne veut prendre le risque de l’investissement pédagogique pour expliquer des choses compliquées et pas glamour , si nous persistons à tout réfléchir en termes de financiarisation des processus de décision, quel système bancaire mettra sur la table la dizaine de milliards de dollars nécessaire pou on projet? D’où au passage une autre méchanceté que je dois dire sur ce texte que je trouve cependant assez intelligent: le débat en France est forcément très différent à partir du moment où ce pays dispose d’un nombre important de réacteurs nucléaires assez standardisés: fonctionneront-ils 40, 50 ou 60 ans? On n’a pas à résoudre les questions qu’on va trouver ailleurs sur l’acceptation d’un site nouveau, les incertitudes du financement initial, les délais et aléas de construction d’un réseau THT interconnecté, … Et la comparaison entre les prix de revient dans les 20 ans suivants d’un réacteur de 40 ans qu’on va “caréner” et ceux de tout projet neuf d’éolien, de photovoltaïque , d’hydraulique ou de nucléaire est sans débat (hors subventions directes ou indirectes)! De la même façon, le débat sur “diversification” se pose en des termes très différents selon qu’on raisonne sur la base de croissance ou de décroissance. Et ces particularités françaises devraient appeler des réflexions nouvelles si l’épidémie mondiale actuelle devait déclencher une crise analogue aux crises subprimes et dettes souveraines … Bref, il y a encore beaucoup d’articles à écrire et de sujets à débattre!

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  • C’est faux à tous les étages :
    “Enfin, nous aurons besoin de toutes les alternatives aux combustibles fossiles dont nous disposons, en particulier celles capables de fournir de grandes quantités d’énergie à la demande. C’est d’ailleurs pour cette raison que la biomasse (pas nécessairement bas-carbone ni renouvelable), l’hydroélectricité et le nucléaire sont les trois alternatives aux combustibles fossiles les plus utilisées au niveau mondial.”
    A la demande ? Parmi ce qui est cité seule la biomasse est capable de fournir à la demande, car on peut stocker autant que l’on veut pour pouvoir s’en servir lorsque l’on en a besoin. Un réacteur nucléaire 900W n’en fournira jamais 1200, Un lac est un stock dont on n’est pas maitre…..
    Seul l’éolien et le stockage de son énergie gratuite car supérieur au besoin lors des périodes de grand vent comme on en connai t en ce moment et depuis plus d’un mois fourniront une réserve qui pourra s’ajouter aux périodes de vaches maigres sans vent.
    De plus on peut créer en moins de 4 ans autant d’aérogénérateurs que l’on veut alors qu’il en faudra au moins 3 fois plus de temps et 4 fois le budget initial pour faire un EPR de puissance équivalente. De plus, pour le stockage, une solution dont le rendement la rend inacceptable avec une énergie électrique chère comme aujourd’hui, l’électrolyse->H2 deviendra gratuite par la surproduction en période de fort vent des éoliennes dont le nombre assurera avec un vent moyen le besoin quotidien. En effet, entre la production en régime moyen et celui des périodes occasionnelles de fort vent on note une production 4 fois supérieure. Elle ne sera pas perdue grâce au stockage H2.

    Plus loin : “Cela découle de la nature même de l’énergie nucléaire qui est une source d’énergie extrêmement concentrée. ”
    L’auteur ne se rend même pas compte que tout le problème vient de là, l’hyper concentration de puissance !! Personne n’a besoin d’un GW tout au plus quelques KW et le passage de l’un à l’autre engendre une quantité extraordinaire de problèmes quasi insoluble, allant du transport à la répartition à la hauteur du besoin. Des centaines de milliers de Km de lignes; des tensions très élevées pour ces longues distances avec donc des câbles capables de les supporter sans peser plus qu’un pylône ne peut en supporter. Le premier problèmes du nucléaire c’est sa puissance concentrée en, totale inadéquation avec le besoin.
    Le sources d’énergie ont intérêt d’une part à être proches des lieux d’utilisation et de puissances en adéquation avec ces besoins, avec des tensions suffisamment basses pour que les lignes soient enterrées, à l’abri d’abord des intempéries et, ce qui ne gâte rien pour ne pas endommager les paysages avec les 300 000 pylônes et plus de 100 000 Km de lignes THT que nous avons aujourd’hui.
    Et le reste de l’article est à l’avenant, mais je ne vais pas faire un article du double de lignes de celui dont on parle.
    Serge Rochain

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  • A mon avis, deux dimensions ne sont pas assez débattues ici: d’une part l’attitude des opinions et donc des gouvernements, affection ou rejet, d’autre part les caractéristiques technoéconomiques de l’énergie nucléaire (poids des investissements, durées de construction, durées d’exploitation, durées de post exploitation). Si personne ne veut prendre le risque de l’investissement pédagogique pour expliquer des choses compliquées et pas glamour , si nous persistons à tout réfléchir en termes de financiarisation des processus de décision, quel système bancaire mettra sur la table la dizaine de milliards de dollars nécessaire pour un projet?
    D’où au passage une autre méchanceté que je dois dire sur ce texte que je trouve cependant assez intelligent: le débat en France est forcément très différent à partir du moment où ce pays dispose d’un nombre important de réacteurs nucléaires assez standardisés: fonctionneront-ils 40, 50 ou 60 ans? On n’a pas à résoudre les questions qu’on va trouver ailleurs sur l’acceptation d’un site nouveau, les incertitudes du financement initial, les délais et aléas de construction d’un réseau THT interconnecté, … Et la comparaison entre les prix de revient dans les 20 ans suivants d’un réacteur de 40 ans qu’on va “caréner” et ceux de tout projet neuf d’éolien, de photovoltaïque , d’hydraulique ou de nucléaire est sans débat (hors subventions directes ou indirectes)! De la même façon, le débat sur “diversification” se pose en des termes très différents selon qu’on raisonne sur la base de croissance ou de décroissance. Et ces particularités françaises appelleraient certainement des réflexions nouvelles si l’épidémie mondiale actuelle devait déclencher une crise analogue aux crises subprimes et dettes souveraines … Bref, il y a encore beaucoup d’articles à écrire et de sujets à débattre!

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  • Heureusement que nous n’avons pas Rochain à la tête de l’organisme gestionnaire du réseau. Quelle catastrophe ce serait ! Que d’inepties !

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