EDF renforce la digitalisation de sa filière nucléaire

EDF renforce la digitalisation de sa filière nucléaire

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En parallèle du World Nuclear Exhibition, EDF a annoncé officiellement la signature d’un partenariat avec Capgemini et Dassault Systèmes. Les entreprises vont collaborer pour mettre au point de nouveaux outils numériques. L’objectif : avancer rapidement dans la digitalisation de la filière nucléaire française pour gagner en agilité dans la production d’énergie.

Un nouveau nucléaire 2.0

La digitalisation est au coeur des stratégies de développement actuelles. Cette mutation du secteur énergétique concerne en premier lieu les énergies renouvelables, dont l’intermittence de production réclame un système de gestion intelligent et des unités de stockage suffisantes. Pour autant, l’énergie nucléaire est également concernée par ces nouvelles méthodes de gestion de la production et de la maintenance. “L’ingénierie nucléaire d’EDF est engagée dans une démarche de transformation numérique visant à nous mettre au niveau des meilleures pratiques dans le domaine de l’ingénierie de projet complexe. Ce chantier déterminant pour la réussite de nos futurs projets nucléaires est une illustration concrète de la transformation du groupe EDF, initiée dans le cadre de la stratégie CAP 2030.” a déclaré Jean-Bernard Lévy, Président-directeur général d’EDF.

Pour réaliser ce projet, l’énergéticien a signé, le mercredi 27 juin 2018, un accord avec les entreprises françaises Capgemini (spécialisée dans les services numériques) et Dassault Systèmes (qui a développé une expertise en matière de conceptions numériques). A elles trois, ces entreprises entendent élaborer une plateforme collaborative qui facilitera le développement, la maintenance et le suivi de production des centrales nucléaires. Un outil innovant qui aura pour but de faciliter l’accès à l’information en interne et d’aider à optimiser la production des différentes centrales, en particulier les centrales nouvelle génération dites EPR.

La plateforme 3DEXPERIENCE

Concrètement, le futur outil se présentera comme une plateforme interactive. Mise au point par Dassault Systèmes et baptisée 3DEXPERIENCE, elle a déjà été utilisée par d’autres entreprises telles que Dassault Aviation et Safran pour moderniser leurs réseaux d’informations. Pour EDF, Dassault Systèmes va adapter les modules de sa plateforme afin de répondre aux exigences de la filière nucléaire. Des exigences que l’entreprise connaît bien puisqu’elle est déjà très présente sur le marché du nucléaire mondial, comme l’a rappelé Bernard Charlès, le directeur général de Dassault Systèmes, au moment de la signature de l’accord : “Au niveau mondial nos solutions sont utilisées pour gérer la complexité des deux tiers des réacteurs nucléaires en exploitation et de quatre réacteurs sur cinq en construction. Aux côtés de Capgemini et grâce à la maturité de notre plateforme 3DEXPERIENCE, nous allons apporter à EDF de nouvelles expériences d’ingénierie nucléaire qui pourront inspirer la transformation de tout le secteur ».

Une fois déployée auprès du parc nucléaire d’EDF, elle servira de base commune de travail pour les différentes filiales d’EDF et entreprises partenaires de la filière nucléaire française. Elle permettra d’accéder aux données de chaque centrale en temps réel et à n’importe quelle étape de la vie d’une centrale : sa conception, sa construction puis son exploitation. Outre la conception 3D, la plateforme 3DEXPERIENCE embarque des outils de veille, d’analyse et de simulation.

Pour EDF, il s’agit de la suite logique à un précédent projet mené pour réaliser des doubles numériques de ses centrales. Ces supports numériques sont actuellement utilisés pour le suivi des opérations de maintenance des centrales nucléaires. Idem pour le chantier de l’EPR de Flamanville : les essais du réacteur sont effectués sur support digital. Avec la plateforme 3DEXPERIENCE, l’enjeu est de pouvoir synthétiser tous les documents d’ingénierie dans un seul système agile capable de traiter toutes les données. Des données qui sont appelées à devenir plus complexes dès l’entrée en service des premiers EPR en Angleterre puis en France.

Une digitalisation accélérée de la filière nucléaire d’EDF

Le contrat passé entre les trois entreprises prévoit une collaboration de vingt ans. Dès que la solution sera finalisée, EDF commencera à l’introduire dans la gestion de ses grands projets. D’après Xavier Ursat, le directeur exécutif en charge de la direction ingénierie d’EDF, le premier chantier à bénéficier de ce futur accompagnement sera celui de Hinckley Point, où EDF doit livrer un EPR dans les prochaines années.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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