Vents du Nord : "nous pouvons produire de l’hydrogène vert"

Vents du Nord : “nous pouvons produire de l’hydrogène vert”

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Alors que la transition énergétique est en train de prendre forme, l’hydrogène pourrait contribuer à la disparition progressive des énergies fossiles de notre mix énergétique. Nicolas Ugalde-Lascorz, directeur général de la société Vents du Nord (VDN) explique à L’Energeek l’intérêt d’associer cette technologie aux énergies vertes pour développer l’éco-mobilité…  

  • Pouvez-vous rappeler brièvement ce que signifie la notion Power-To-Gaz ? Quel intérêt celle-ci présente-t-elle pour les producteurs d’ENR ?

Littéralement, en anglais, le Power-To-Gaz, ou P2G, est une technique qui permet de convertir l’énergie électrique sous la forme de gaz. En tant que producteur d’électricité, à travers nos parcs éoliens et solaires, nous injectons donc de l’énergie verte sur le réseau et avec le Power-To-Gaz nous pouvons consacrer une partie de cette électricité à la production d‘hydrogène.

Pour cela nous utilisons la technique de l’électrolyse. Concrètement, on fait passer du courant dans de l’eau, ce qui permet de produire à la fois de l’oxygène et de l’hydrogène. Vous avez peut-être vous-même effectué cette manipulation pendant vos cours de chimie. C’est ce procédé que nous comptons mettre en œuvre dans l’ensemble des électrolyseurs que nous raccorderons à nos parcs ENR, afin d’obtenir de « l’hydrogène vert ».

  • Avec vos technologies, quel rendement énergétique obtient-on avec ce procédé ? Combien d’électricité devra être produite pour recharger les batteries des véhicules propres ?

Pour vous donner un ordre d’idée, il faut autour de 50 kilowatts pour produire 1 kilo d’hydrogène. Concrètement, nous pourrions alimenter près de 5000 véhicules par an avec le seul parc éolien de Tupigny.

Actuellement, nous préparons effectivement un démonstrateur pour cette commune de l’Aisne, avec l’objectif de stocker l’électricité produite par le parc éolien de la commune sous forme d’hydrogène, pour ensuite alimenter deux véhicules qui seront en libre-service pour les habitants du village. Chaque véhicule disposant d’un réservoir d’environ 1,5 Kilo, il faut approximativement 75/80 kilowatts pour faire le plein d’un véhicule, à rapporter aux millions de kilowatts annuels générés par le parc.

  • Avez-vous des partenaires pour ce projet ?

Pour le moment, les constructeurs de véhicules hydrogènes se comptent sur les doigts d’une main. Pour notre projet, nous avons souhaité jouer la carte du « Made In France », donc nous avons opté pour les Renault Kangoo, qui sont en fait initialement des véhicules électriques mais qui sont reconditionnées par l’entreprise SYMBIO. Suite à leur transformation, les voitures deviennent alors hybrides, non pas hybrides thermique/hydrogène mais hybrides électriques/hydrogène. Grâce à ce système, les véhicules disposent d’une autonomie comprise entre 400 et 500 kilomètres et peuvent être rechargés dans les stations hydrogène déjà déployées.

L’usage de la flotte de véhicule est accessible à tous, et offre donc un service en milieu rural au moment où ceux-ci sont confrontés à la problématique de la désertification. Avec ce dispositif, même les personnes ne se situant pas dans de grandes agglomérations pourront utiliser un moyen de mobilité propre. Du fait d’une part de leur grande autonomie, et d’autre part de la rapidité du rechargement, le véhicule à hydrogène nous a semblé particulièrement adapté au milieu rural. En somme, on peut dire qu’il s’adapte aux nouveaux usages des automobilistes tout en préservant une facilité d’utilisation.

Par ailleurs, nous sommes un bureau d’études de développement de projet et nous ne construisons pas d’électrolyseurs. Nous serons dans un premier temps chargés de vérifier la faisabilité et l’acceptabilité des projets, puis nous veillerons au bon déroulé de sa construction et de son fonctionnement. En revanche nous ne sommes pas constructeur de matériel, ici nous travaillons notamment avec la société française McPhy pour la partie hydrogène. En tant que producteur d’énergie renouvelable, l’objectif de notre démarche est d’abord de démontrer que nous pouvons aussi produire de « l’hydrogène vert ».

  • Le projet dans l’Aisne est-il votre premier chantier de ce type ? D’autres communes ont-elles déjà manifesté leur intérêt pour s’équiper de telles infrastructures ?

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il est extrêmement difficile pour des questions techniques, voire même impossible, d’installer un parc d’éoliennes en milieu urbain. Et même en milieu rural, l’acceptabilité pose parfois certaines interrogations ; avec notre système qui apporte un service supplémentaire aux habitants, nous démontrons plus facilement aux riverains l’utilité de ces installations sur des aspects concrets. D’ailleurs, certaines communes envisagent désormais d’utiliser notre solution pour mettre en place des cars scolaires, tandis que d’autres collectivités, plus importantes par leur taille, espèrent ainsi pouvoir remplacer leur flotte de véhicules administratifs tout en développant l’éco-mobilité.

  • Comment l’entreprise Vents du Nord (VDN) juge-t-elle les objectifs du Plan Climat et de la Programmation pluriannuelle de l’énergie ?

Le débat sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie vient seulement de commencer ; à ce stade, il est donc difficile de présager des conclusions. Néanmoins, quand on regarde les scénarios proposés par RTE, on constate qu’avec la réduction de la part du nucléaire, les énergies renouvelables pourraient atteindre 40% du mix électrique à l’horizon 2030. L’entreprise VDN se fixe évidemment pour objectif de contribuer au développement des énergies alternatives.

Concernant l’éco-mobilité, comme pour les EnR, les ambitions affichées sont élevées. Cependant, les objectifs, qu’ils soient nationaux ou européens, sont rarement atteints ! C’est pourquoi, à nos yeux il est primordial de continuer à simplifier le cadre réglementaire et de développer les infrastructures.

Rédigé par : Nicolas Ugalde Lascorz

Nicolas Ugalde-Lascorz
Nicolas Ugalde-Lascorz est directeur général de Vents du Nord
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COMMENTAIRES

  • Mais compte tenu de la double conversion et des piles à combustible dans les véhicules (sans parler de la consommation d’eau comparée défavorable aux véhicules à pile à combustible), il est nettement plus efficient de réserver l’hydrogène aux poids-lourds et longues distances et l’électro-solaire aux véhicules légers qui est le plus efficient en KWh consommés par personne transportée aux 100 km, soit mieux encore que les trains électriques supposés pourtant transporter des centaines de personnes (enfin quand ils ne sont pas en grève hein !)

    https://cdn4.explainthatstuff.com/how-electric-cars-compare.png

    Il faudrait mettre de l’ordre dans les applications de chaque énergie sinon c’est la poursuite des gaspillages d’énergie comme d’argent.

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