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Agrocarburants : la France veut revenir sur la proposition de Bruxelles

Mis a mal par la Commission européenne lors de la présentation en décembre 2016 de son paquet énergie, les agrocarburants (ou biocarburants de première génération) devraient être au centre de toutes les attentions lors des débats sur le texte prévus l’été prochain. Le gouvernement français a en effet prévenu cette semaine de sa volonté d’assouplir la position de Bruxelles sur le sujet pour garantir aux agriculteurs français des débouchés stables et une transition plus souple vers la seconde génération de biocarburants.

Le 1er décembre 2016, la Commission européenne proposait dans son nouveau paquet de mesures énergétiques, de réduire drastiquement d’ici 2030 les objectifs de biocarburants traditionnels, accusés d’avoir un impact néfaste sur la production alimentaire, la déforestation et à terme, le climat. Bruxelles souhaiterait ainsi voir diminuer la part des produits agricoles dans les biocarburants de première génération entre 2021 et 2030, en réduisant le taux d’incorporation à 3,8% en 2030 au lieu de 7% aujourd’hui en France.

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Voyant s’éloigner un des rares débouchés dont l’horizon restait dégagé à long terme pour les filières agricoles, les agriculteurs français, soutenus ici par le ministère de l’agriculture, ont vivement contesté cette proposition et attendent désormais les débats prévus en juillet prochain. Le gouvernement français s’est dit, quant à lui, déterminé à faire revenir la Commission européenne sur sa proposition de freiner le recours aux agrocarburants de première génération. La France souhaite « inciter » à développer la seconde génération de biocarburants « au lieu de taper sur la première », a indiqué le ministère de l’Agriculture à l’AFP. Le ministère souligne les enjeux liés à l’utilisation des biocarburants, enjeux environnementaux, d’indépendance énergétique (baisse des importations de pétrole) mais aussi enjeux industriels alors qu’une « filière a investi dedans« . « Le vrai risque, c’est que si on tire à boulets rouges sur la première génération (de biocarburants, NDLR) il y a un risque sur la seconde génération« , ajoute-t-on au ministère.

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Pour les agriculteurs engagés dans cette filière, les biocarburants, y compris de première génération, sont la seule solution réelle de remplacement des carburants fossiles sur le long terme et sans eux, l’UE ne parviendra pas à réaliser ses objectifs en matière de climat et d’énergie. De son côté, la Commission européenne estime nécessaire de favoriser l’incorporation de biocarburants dits avancés ou deuxième génération, fabriqués à base de déchets agricoles et forestiers ou de microalgues, pour atteindre 3,6% en 2030 et remplacer à terme les biocarburants de première génération.

Crédits photo : Richard Bartz

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • L’Union européenne a raison. Le rendement et bilan de cette filière ne sont pas bons. Elle va de plus être mise à mal par les évolutions techniques.

    Il y a lieu d’anticiper.

    Par exemple :

    Researchers at Caltech and Lawrence Berkeley National Laboratory (Berkeley Lab) have—in just two years—nearly doubled the number of materials known to have potential for use in solar fuels.

    They did so by developing a process that promises to speed the discovery of commercially viable solar fuels that could replace coal, oil, and other fossil fuels.

    To create practical solar fuels, they have been trying to develop low-cost and efficient materials, known as photoanodes, that are capable of splitting water using visible light as an energy source.

    http://www.caltech.edu/news/new-materials-could-turn-water-fuel-future-54294

    .

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