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Le Power Award 2016 attribué au réacteur à neutrons rapides russe BN-800

centrale_beloyarsk_photo_ria-novostiPower, un des plus vieux magazines américains consacrés au secteur de la production d’électricité, a attribué son Power Award 2016 de la meilleure centrale au réacteur russe BN-800. Ce réacteur rapide refroidi au sodium, produit actuellement de l’électricité à la centrale nucléaire de Beloyarsk. Zoom sur ce que les journalistes du magazine Power considèrent comme « le réacteur du futur ».

Une technologie distinguée pour ses perspectives

Considéré comme une des sources d’information les plus importantes au monde pour tout ce qui touche à l’industrie de la production d’électricité, le magazine américain Power décerne chaque année son Power Award de la meilleure centrale du monde. Cette distinction vise à récompenser et mettre en avant médiatiquement la mise en service d’une centrale ou d’un réacteur innovant et considéré par les journalistes de Power comme vecteur de développement pour l’ensemble du secteur de la production d’électricité.

C’est le réacteur à neutrons rapides BN-800, actuellement en fonctionnement au sein de la centrale nucléaire russe de Beloïarsk, qui a obtenu cette distinction. Le jury en charge de l’attribution de ce prix a estimé que cette unité de production à cycle fermé ouvre de nouvelles perspectives d’évolution dans le domaine du nucléaire civil : favoriser la production électronucléaire tout en réduisant considérablement les stocks de combustible nucléaire usé (en raison de ses besoins quasi inexistant en uranium enrichi).

Lire aussi : La Chine va se doter d’un nouveau réacteur à neutrons rapides

Le réacteur BN-800 est un réacteur nucléaire rapide refroidi au sodium qui a été couplé au réseau électrique national russe le 10 décembre 2015. Il s’agit de la quatrième unité de production de la centrale nucléaire de Beloïarsk, située dans la ville de Zaretchny (sud-ouest de la Russie). D’une puissance de 800 MW, le BN-800 est considéré comme le prototype d’un réacteur plus puissant, le BN-1200.

Une quatrième génération de réacteur issue de la coopération internationale

Le réacteur rapide refroidi au sodium (ou réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium) est issu de la volonté du Forum international Génération IV visant à faire émerger plus rapidement des technologies plus performantes et plus faciles à maitriser. Douze pays (France, États-Unis, Japon, Russie, Royaume-Uni, Suisse, Canada, Chine, Corée du Sud, Afrique du Sud, Argentine, Brésil) et la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique décident à ce titre de s’allier en 2000 afin de développer une nouvelle génération de systèmes nucléaires.

Plusieurs États se lance donc dans le développement d’une quatrième génération de réacteur nucléaire affichant des avancées importantes en termes de développement énergétique durable, de fiabilité de la production et de sûreté. Trois de ces six systèmes sont des réacteurs à neutrons rapides.

Cette technologie fonctionne comme un réacteur traditionnel : la fission des atomes du combustible génère de la chaleur qui est ensuite utilisée par le turbogénérateur pour produire de l’électricité. La différence majeure se situe au niveau du combustible utilisé, un mélange d’uranium 230 et de plutonium 239. Grâce au système à neutrons rapides, le bouclage complet du cycle nucléaire s’effectue avec un multi-recyclage du plutonium, permettant ainsi de préserver les ressources en uranium. Les scientifiques estiment que cette technologie pourrait permettre de produire 50 à 100 fois plus d’électricité avec la même quantité de minerai que les réacteurs classiques.

Lire aussi : Astrid : un réacteur nucléaire de quatrième génération pour 2020

Crédit photo : RIA Novosti

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Nucléaire de 4e génération : un vieux truc qui date de 50 ans et n’est pas encore au point.

    Le premier réacteur surgénérateur (breeder) date de 1951. C’est EBR-1 aux Etats-Unis. Réacteur à neutrons rapides, utilisant de l’uranium enrichi à 90% en U235 et refroidi par un mélange de sodium et de potassium. Un mélange explosif au contact de l’eau, comme le sodium liquide seul.

    Le déploiement commercial de réacteurs de 4e génération n’est pas prévu avant 2060 (rapport du Sénat de janvier 2012). Mais cela risque fort de ne jamais arriver.

    De quoi refroidir certains commentateurs.

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  • Si le déploiement commercial des réacteurs 4G, pourrait se faire à partir de la décénie 2060(ou après,vers 2070ou 2080),c’est pour qu’ils aient le temps de pouvoir devenir économiquement rentables et compétitifs.En attendant,on fera de la 3G.
    La seule chose qui pourrait empêcher leur déploiement commercial,serait une découverte(et mise en application à grande échelle)qui soit une rupture technologique,comme un moyen industriel de stockage saisonnier(qui stocke sur plusieurs mois d’affilés)très massif et pas cher(pas plus de 30 à 35 euros /Mwh)pour que soit stockées saisonnièrement d’énormes quantités d’énergies éoliennes et PV .

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  • Réponse à open-mind
    On peut toujours rêver, mais ce n’ est pas demain que l’ on disposera de technologies de stockage de l’ électricité intermittente à la fois viables et rentables, et cela malgré les délires de l’ ADEME. Vous trouverez la critique du scénario ADEME « 100% EnR » sur le site de « Vent de Colère », je suis celui qui l’ a rédigé, en m’ appuyant sur les données de SLC. Alors oui, les technologies nucléaires ont encore un avenir, et même prometteur, on ne parviendra pas à limiter le réchauffement climatique sans elles, voyez l’ exemple de l’ Allemagne qui est contrainte de développer de plus en plus de thermique polluant malgré ses multiples champs éoliens, au fur et à mesure qu’ elle ferme ses unités nucléaires. Quand au nucléaire à neutrons rapides, l’ exemple du BN 800 russe indique que c’ est pour demain, et pas pour 2050 ou plus ! En 2050 nous aurons une autre phase, celle des réacteurs à fusion du type « Stellarator », capables de produire sans limites, sans déchets ni pollutions. Vos éoliennes et panneaux PV paraîtrons alors terriblement rétro.

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