Projet Minerve : accélérer le processus de méthanisation - L'EnerGeek

Projet Minerve : accélérer le processus de méthanisation

decharge_photo_ Antoine GIRETLe biogaz est un combustible naturel qui provient de la fermentation et de la décomposition de matières organiques, animales ou végétales. À l’heure actuelle, de nombreuses centrales et décharges d’ordures ménagères exploitent cette source d’énergie naturelle grâce à laquelle il est possible de produire de la chaleur, de l’électricité ainsi que du carburant.

La revalorisation des déchets est justement l’activité de la décharge de Mont-St-Guibert, implantée dans la commune francophone belge du même nom. Depuis plus de 20 ans, cette décharge exploitée par la société Shanks (spécialisée dans la collecte et le tri des déchets industriels et ménagers) valorise en électricité les ordures qui se décomposent dans son sous-sol. Depuis 3 ans, cette décharge accueille également le projet Minerve (MINéralisation Énergie Renouvelable Valorisation Énergie matière). Une initiative qui vise à accélérer le processus de décomposition des ordures ménagères afin de générer plus rapidement et plus efficacement du biogaz.

[stextbox id=”info”]Le projet Minerve[/stextbox]

Le projet Minerve est porté par la société belge Shanks et le pôle de compétitivité GreenWin, ainsi que 6 autres partenaires (les universités de Liège et Louvain-la-Neuve, la PME Artechno…). Ce projet de recherche, du nom de la divinité grecque de l’intelligence, est une solution qui s’intègre aux activités d’un site d’enfouissement de déchets. Il vise principalement à raccourcir le processus de décomposition des ordures ménagères afin de les valoriser en biogaz plus rapidement.

Le projet Minerve vise, dans un premier temps, à identifier les sites d’enfouissement de déchets propices à la valorisation des ordures, c’est à dire ceux dont le sol présente un bon potentiel de production de biogaz. Pour ce faire, les ingénieurs et les géologues du projet disposent de divers outils d’analyses (dont des satellites pour du repérage à longue distance) qui leur permettent notamment de mesurer le rayonnement thermique d’un sol. Des forages et des électrodes permettent ensuite d’affiner l’analyse de la structure du sol.

[stextbox id=”info”]Générer plus de biogaz plus rapidement[/stextbox]

Une fois le site identifié, il s’agit de passer au processus de minéralisation. Le projet Minerve a ici pour objectif d’accélérer la biodégradation des déchets grâce à l’injection d’un liquide chargé d’un mélange microbien. Ce dernier provoque l’accélération du processus de décomposition des déchets. Il permet également d’atteindre des parties difficilement biodégradables. Au final, le biogaz est ainsi produit en plus grande quantité et de manière plus rapide.

“Les bactéries présentes peuvent alors mieux travailler, notamment au niveau de l’élément bloquant qu’est la cellulose. Des consortiums microbiologiques et enzymatiques existent déjà mais leur coût est élevé. L’ambition de Minerve est d’en créer un bon marché et utilisable dans d’importants volumes”, précise Philippe Thonart, professeur à l’Université de Liège.

[stextbox id=”info”]Produire une énergie verte… et des déchets minéraux[/stextbox]

La dernière étape du processus consiste enfin à extraire le biogaz via des puits de dégazage afin de l’acheminer vers des centrales qui permettront de générer de l’électricité ou de la chaleur. À la décharge de Mont-St-Guibert, c’est ainsi plus de 30 millions de Kwh qui sont générés chaque année grâce à la méthanisation. De quoi alimenter 10.000 foyers de la région.

L’excavation des déchets enfouis réserve également de bonnes surprises. En effet, une fois minéralisés, les déchets peuvent servir de matériaux de base pour concevoir des combustibles alternatifs, des granulats pour la construction ou encore servir à la fabrication du béton.

Le projet Minerve en est actuellement à mi-parcours de ses expérimentations. Selon les porteurs du projet, les résultats déjà obtenus sont encourageants et la technique utilisée pour produire du biogaz pourrait être brevetée. Un système innovant que le directeur de Shanks espère exporter en dehors des frontières du plat pays. Avec ses nombreux sites d’enfouissements de déchets, le sud de l’Europe présente notamment d’intéressantes perspectives.

Crédit photo : Antoine GIRET

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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