Renouvelable : un développement pénalisé par des incertitudes (AIE) - L'EnerGeek

Renouvelable : un développement pénalisé par des incertitudes (AIE)

eolienne_nuage_photo_OliBacDans son troisième rapport annuel centré sur le marché des énergies renouvelables, publié le 29 août dernier, l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) estime que des incertitudes politiques vont freiner le développement des énergies propres, notamment dans les pays de l’OCDE. Une analyse qui marque une rupture avec le rapport de l’année dernière, dans lequel l’organisation tablait sur une croissance constante du renouvelable jusqu’en 2018.

Après plusieurs années marquées par un fort accroissement du parc de production d’électricité d’origine renouvelable, 2014 va en effet être une année charnière. A partir de cette année, l’AIE estime que la production d’énergie électrique propre va lentement ralentir jusqu’en 2020. Un changement qui pourrait, à terme, rendre inatteignable les objectifs mondiaux sur le changement climatique.

[stextbox id=”info”]Les énergies renouvelables atteignent leur vitesse de croisière[/stextbox]

Selon le rapport de l’AIE, les énergies renouvelables éoliennes, solaires, et hydroélectriques ont représenté en 2013 une part de 22% du mix électrique mondial grâce à un volume de production de 5.070 TWh. Avec des investissements qui ont avoisiné les 250 milliards de dollars, les énergies propres ont ainsi continué leur expansion pour finalement s’assurer une part du mix électrique mondial aussi importante que le gaz naturel.

Un résultat qui s’explique par “la progression vigoureuse des renouvelables mais également de conditions économiques difficiles pour la production de gaz dans de nombreux pays membres de l’organisation de coopération et développement économique (OCDE) en 2013 et d’un accès restreint à un approvisionnement en gaz abordable pour les autres”.

Toujours selon les prévisions détaillées dans le rapport de l’AIE, 2014 va toutefois marquer un tournant dans la montée en puissance des énergies renouvelables. Ces dernières devraient en effet continuer d’augmenter mais à un rythme nettement moins important qu’au court de la dernière décennie.

La production mondiale d’électricité verte devrait en effet croitre de 45% jusqu’en 2020, pour finalement s’assurer une part de 26% du mix électrique mondial. Sur cette période, les investissements annuels devraient s’élever à 230 milliards de dollars par an, un chiffre en baisse par rapport à 2013. Même si, dans les pays de l’OCDE principalement, l’énergie renouvelable représente 80% des nouvelles capacités de production électriques installées, l’AIE craint un essoufflement en l’absence d’un cadre de développement stable.

[stextbox id=”info”]Des instabilités politiques et règlementaires[/stextbox]

Afin de diversifier et décarbonner leur mix énergétique, les pays de l’OCDE ont longtemps favorisé le déploiement des énergies renouvelables grâce à des politiques de soutien forte. Une ère qui est sur le point de toucher à sa fin en raison d’instabilités politiques et réglementaires pointés du doigt par l’IAE, et qui vont logiquement favoriser le ralentissement des installations d’énergie renouvelable.

“Au moment où les énergies renouvelables deviennent une solution à prix concurrentiel dans un nombre croissant de cas, l’incertitude du cadre politique et réglementaire augmente également sur certains marchés clés“, explique Maria van der Hoeven, directeur exécutif de l’AIE. Les énergies propres “ont besoin d’un contexte stable qui assure un retour sur investissement raisonnable et prévisible pour les investisseurs. Cela implique une réflexion sérieuse sur la manière d’atteindre un mix énergétique mondial plus durable”.

L’AIE estime par exemple que les incertitudes de développement sur le Vieux Continent porte actuellement sur son incapacité à définir un cadre réglementaire stable et efficace au-delà de 2020. Si certaines énergies propres sont proches de la rentabilité économique, l’AIE estime qu’elles doivent cependant encore bénéficier d’un soutien minimum pour assurer aux investisseurs un retour sur investissement raisonnable et prévisible.

Si certains pays souffrent encore d’un manque de fond pour renforcer le déploiement de moyens de production renouvelables, les nations non membres de l’OCDE devraient toutefois être le moteur du secteur de l’énergie propre dans les années à venir. L’AIE estime que ces pays devraient installer, au cours des 7 prochaines années, 70% des nouvelles infrastructures respectueuses de l’environnement. Des pays qui sont aussi, il est vrai, ceux qui ont le plus besoin de nouveaux centres de production énergétique pour faire face à leur démographie et pour accompagner leur croissance.

Crédit photo : OliBac

Rédigé par : La Rédaction

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