Mossoul (Irak) : un barrage crucial repris par les kurdes - L'EnerGeek

Mossoul (Irak) : un barrage crucial repris par les kurdes

TigreLe barrage en question, situé à 50 kilomètres au nord de Mossoul, représente un enjeu géostratégique énorme pour la région. C’est pourquoi les forces kurdes, bien aidées par l’aviation américaine, ont repris le plus grand barrage hydroélectrique d’Irak, le dimanche 17 août 2014, des mains des combattants de l’État islamique autoproclamé.

Ces derniers n’auront contrôlé le barrage que 10 jours. En effet l’offensive kurde a pu reprendre ces installations nécessaires à l’approvisionnement en eau et en électricité dans la région. Les autorités kurdes ont même parlé d’une reprise partielle de l’exploitation du barrage d’une puissance totale de 1 gigawatt. Si la reconquête a été aussi rapide, c’est en partie grâce à 23 frappes aériennes américaines en deux jours.

Au-delà de l’aspect économique, l’importance de ce barrage-voûte est particulièrement prégnante en cas de conflit. Cette situation est liée au fait que ce barrage, dont la construction par Saddam Hussein date des années 1980, est un colosse aux pieds d’argile. Bien qu’il fasse partie des quatre plus grands barrages du Moyen-Orient, ses fondations menacent de céder, ce qui nécessite des travaux constants. Si le barrage venait à lâcher, une vague de 20 mètres et 10 milliards de mètres cubes d’eau seraient à même de dévaler le Tigre, de Mossoul à Bagdad, sur la moitié de l’Irak. Il s’agit donc d’une arme en puissance que les djiadistes pourraient utiliser à leur avantage pour faire pression sur le gouvernement irakien qu’ils combattent.

Déjà en 2007, l’ambassadeur des États-Unis dans le pays, Ryan Crocker, avait souligné l’importance stratégique de ces infrastructures et de leur renforcement. Même si l’hypothèse de la destruction du barrage est peu probable, les islamistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL) pourraient couper l’eau et l’électricité dans la région pour faire pression en provoquant une famine, s’ils venaient à reprendre le contrôle des installations.

Plus précisément, les zones de culture dans la province de Ninive, dans le nord du pays, qui sont indispensables au pays pour subvenir aux besoins alimentaires, seraient touchées. En tout, c’est 675.000 foyers et 1 million d’habitants qui sont alimentés par cette centrale hydroélectrique. Une hypothèse d’autant plus crédible qu’il existe un précédent : cette année, les djiadistes ont inondé de larges territoires autours de Fallouja. En effet, les combattants islamistes contrôlent le barrage de Fallouja , situé plus à l’ouest du pays, donc sur le territoire où l’EIIL est bien implanté.

Des événements qui ne font que rappeler que, dans le cadre d’une guerre civile, il est toujours primordial d’avoir sous contrôle les ressources énergétiques. Un précepte que les forces kurdes et islamistes ont bien intégré.

Rédigé par : La Rédaction

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