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Des réacteurs nucléaires miniatures au service de l’Afrique

Addis_Abeba_ Sam EffronLes États-Unis ont annoncé vouloir mettre en place une série de réacteurs nucléaires de poche pour renforcer le secteur énergétique africain. L’objectif : résoudre les problèmes de pénurie d’énergie d’ici 2023 d’après les déclarations du mercredi 18 juin 2014 à Addis-Abeba (photo) du secrétaire américain à l’Énergie, Ernest Moniz, lors d’une rencontre avec des hommes d’État africains sur le thème de l’énergie.

Cette annonce fait suite à l’initiative de Barack Obama pour le développement du secteur énergétique sur le continent africain : « le power Africa initiative ». Cette décision se conjugue avec un dispositif de formation des experts nucléaires africains et avec des accords relatifs à la fabrication de ses petits réacteurs. En ce sens, M. Moniz a expliqué que « les discussions avec nos collègues africains ont porté sur les voies et moyens à utiliser pour développer la capacité humaine requise pour les programmes nucléaires. Nous sommes heureux de prendre part à ces discussions portant sur les petits réacteurs nucléaires dont la matérialisation dans le continent pourrait réduire la facture et les coûts de l’électricité ».

La rencontre a aussi permis de discuter des stratégies à mettre en œuvre par les États-Unis pour offrir l’accès à l’énergie à quelques 240 millions d’africains essentiellement en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Nigeria, au Liberia et en Tanzanie. Ce projet d’électrification, baptisé « Beyond the Grid », devrait cibler prioritairement les zones rurales.

L’officiel américain a également dévoilé deux accords entre deux entreprises privées et son département pour la construction de deux réacteurs nucléaires. L’Union Africaine (UA) a tout de même rappelé en début de mois que les États africains ayant des projets de construction de centrales nucléaires devraient attendre l’aval de l’UA avant de suivre la voie coûteuse du nucléaire. Le choix de l’énergie atomique pourrait causer des déséquilibres financiers à long-terme pour des États africains ne pouvant soutenir l’investissement.

Les représentants présents à la réunion ont aussi abordé les questions de sécurité et d’environnement liées au nucléaire. Sur ce sujet, le secrétaire américain à l’Énergie a rassuré les officiels africains quant à la sécurité du choix de l’atome. D’après lui, des réacteurs nucléaires de 50 à 200 mégawatts enterrés seraient plus sûrs que des centrales classiques. Une argumentation qui convainc déjà : le Nigeria, le Kenya et la Namibie ont déjà fait part de leur volonté de développer la branche atomique.

Cette volonté nouvelle d’aider certains pays africains énergétiquement s’inscrit dans le cadre d’une dynamique récemment initiée par le président américain : favoriser l’investissement des entreprises américaines privées en Afrique. Il n’est pas possible d’occulter la difficulté d’un tel projet, surtout si, comme le rappelle le Premier ministre éthiopien, Haile Mariam Dessalegn, « le secteur privé ne s’est pas intéressé aux projets d’électrification en raison de leur faible rentabilité, il y a encore une perception de risque associée à l’investissement du secteur privé dans le secteur de l’énergie ». Il ajoute tout de même que « ce dialogue va renforcer les opportunités disponibles dans le secteur africain de l’énergie ». Une aubaine pour un pays qui compte mettre en place des projets d’électrification massifs avec une capacité de production de 8 400 mégawatts. À l’échelle du continent, 300 milliards de dollars d’investissements sont nécessaires pour mettre en place les projets nécessaires dans le domaine de l’énergie. Les entreprises privées ne seront pas de trop pour financer ce qui pourrait permettre à l’Afrique de relever le défi de l’énergie.

Crédits photo : Sam Effron

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Il s’agit surtout de couper l’herbe sous les pieds aux investisseurs chinois, très offensifs, qui parviennent à supplanter même les campagnes de pots-de-vin !… Le choix de centrales nucléaires “de poche” est par ailleurs extravagant pour un pays qui a gelé son parc de centrales depuis la fin des années 70 ( malgré les rodomontades de Reagan : le lobby avait ses caisses à sec !…) Cette fois, on peut demander si ces apprentis-sorciers pourront développer sans danger ( radioactif ) un projet d’électrification de près de 9 gigawatts à travers tout un continent !… On a l’impression de revenir à la guerre de l’électricité ( courant continu contre courant alternatif ) entre Edison et Tesla-Westinghouse !…. De plus, cette électrification publique bénéficiera aussi aux projets économiques de la concurrence … Donc, il y a autre chose, et sans doute beaucoup moins avouable : l’Afrique deviendra un bouillon de culture radioactif en coupe réglée !… Un désastre de plus !…

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