Le directeur du CEA affirme qu'il faudra construire 35 réacteurs nucléaires d’ici 2050 - L'EnerGeek

Le directeur du CEA affirme qu’il faudra construire 35 réacteurs nucléaires d’ici 2050

Bernard_Bigot_CEA_déclarationBernard Bigot, actuel administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et qui envisage de postuler à un troisième mandat dès janvier 2015, affirme que la construction de 35 réacteurs nucléaires est aujourd’hui inévitable si l’on veut  satisfaire l’objectif du gouvernement de 50 % d’énergie nucléaire d’ici 2025.

C’est dans un entretien avec l’Usine Nouvelle,  que Bernard Bigot a révélé sa vision sur l’évolution de la production d’énergie nucléaire en France.  Si la tendance est bien à la fermeture de certaines unités de production et à un désengagement progressif souhaité dans le cadre du plan de transition énergétique mis en avant par François Hollande, il apparaît néanmoins indispensable de renouveler le parc nucléaire français afin de garantir la production nécessaire dans les prochaines années.

Ainsi, le patron de CEA précise que plus de 35 réacteurs seraient à construire d’ici 2050 dans le but « d’assurer notre indépendance  vis-à-vis des énergies fossiles » et de faire en sorte que « l’énergie nucléaire puisse couvrir demain 50 % des besoins en électricité, conformément aux objectifs fixés par le Président de la République » (contre 75 % aujourd’hui).

Il serait selon lui impératif d’anticiper la fermeture des 58 réacteurs nucléaires actuellement en fonctionnement et dont la durée de vie ne peut pas pour le moment excéder les 55 ou 60 ans d’utilisation. Selon ses prévisions, toutes les centrales qui existent aujourd’hui seront donc arrêtées d’ici 2050 et si l’on tient compte en parallèle du fait que le lancement d’une centrale et sa connexion au réseau peuvent prendre près de huit à dix ans, il serait en effet préférable de construire de nouvelles unités de production avant de fermer les centrales existantes.

Ce renouvellement progressif du dispositif nucléaire français pourrait alors s’effectuer sur un rythme d’un réacteur par an, planification qui semble plus raisonnable au regard du rythme de 3 à 4 réacteurs par an qui a caractérisé la construction du parc d’origine entre 1973 et 1990.

Cependant, Bernard Bigot  ne précise pas quelle devrait être la puissance des réacteurs construits. Mais si l’on se base sur le réacteur EPR d’Areva, d’une puissance de 1.650 mégawatts, sa proposition signifierait la construction de 57,7 gigawatts de capacités d’électricité nucléaire, soit pratiquement autant que le parc actuel (63,1 gigawatts).

Aujourd’hui, la seule fermeture annoncée est celle de la centrale de Fessenheim, la plus ancienne en service en France et qui compte deux réacteurs de 900 mégawatts chacun.

Crédits photo : Pymouss

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Pour l’instant, il est question de réduire la part du nucléaire dans l’électricité à 50% en 2025, pas en 2050.

    Et il est tout à fait possible d’avoir totalement éliminé le nucléaire en France avant 2050, sans que cela pose de problème pour nos besoins en électricité (en diminution).

    Au prix du nucléaire EPR ou autre, ce serait de plus une hérésie économique.

    Un exemple : http://energeia.voila.net/electri2/nucle_gb_solaire_de.htm

    Dans dix ans, un ensemble solaire + stockage quotidien fournira de l’électricité locale moins chère qu’avec du nucléaire (voir la courbe historique de diminution des coûts du solaire et de ceux du stockage).

    Pour le chauffage, on peut se passer du chauffage électrique et développer les réseaux de chaleur, avec stockage inter-saisonnier de la chaleur comme cela se pratique au Danemark et dans quelques autres pays. A une échelle modeste pour l’instant, mais la solution est économique.

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