Quel futur énergétique pour le Burundi? - L'EnerGeek

Quel futur énergétique pour le Burundi?

Burundi_photo_Dave ProfferLe Burundi accuse d’importants retards en matière d’accès à l’énergie. C’est la remarque faite en décembre dernier par Xavier Michon, directeur du Programme des Nations Unies pour le Développement, à l’occasion de la cérémonie de lancement des travaux de l’atelier d’examen du futur projet énergétique du pays.

Comme l’ensemble des secteurs économiques de cette république d’Afrique de l’Est, le secteur énergétique  a été fortement affecté par la crise politique qui s’est déroulée entre 1994 et 2004. Les importations de combustibles fossiles ont lourdement pesé dans la balance commerciale du pays, pendant que ses ressources forestières étaient affaiblies en raison d’un mix électrique qui reposait sur le bois (biomasse). Si le pays a mis en place certaine disposition pour améliorer cette situation, il fait toujours face à un déficit énergétique qui freine son développement.

[stextbox id=”info”]Un déficit énergétique qui se creuse [/stextbox]

En raison d’un taux d’accès à l’électricité de sa population inférieur à 5% (contre une moyenne de 16% en Afrique subsaharienne), le Burundi s’inscrit dans la liste des pays les plus en retard d’un point de vue énergétique. Une situation qui n’est pas en passe de s’améliorer, le pays accusant également un déficit énergétique important de 30 MW. En effet, selon Come Manirakiza, le ministre burundais de l’Energie et des Mines, le pays ne dispose que d’une puissance installée de 45 MW (une puissance intérieure de 30 MW ainsi que 15 MW partagés avec le Rwanda et le Congo) pour faire face à une demande intérieure de 75 MW.

D’un point de vue socio-économique, cette insuffisance énergétique a des effets néfastes pour le pays et sa population. Les activités du Burundi ont du mal à se développer, le manque de ressources en électricité n’étant pas propice aux investissements privés et étrangers. Des secteurs comme la production agricole, l’éducation et le système de santé souffrent à ce titre de lacunes importantes. En raison d’un faible taux de pénétration en milieu rural, cette pénurie d’énergie pèse également sur la pérennité des régions isolées.

Selon les estimations du Ministère de l’Energie, le déficit burundais en énergie électrique ne va pas se résorber au cours des prochaines années. Il devrait même continuer d’augmenter. Les études de planification menées par ce ministère démontrent que les problèmes de disponibilité en électricité ne pourront pas être résolus avant 2017-2018, période à laquelle les investissements préconisés participeront normalement au rétablissement de l’équilibre énergétique du pays.

[stextbox id=”info”]Des projets en cours de développement[/stextbox]

Afin de répondre aux besoins énergétiques croissants de sa population, tout en prenant en compte la variable environnementale, le gouvernement du Burundi a initié en décembre 2013 une stratégie portant sur le développement “des énergies nouvelles et renouvelables à l’horizon 2030”. Cette démarche, qui permettra de proposer des actions concrètes pour tenter de réduire le déficit énergétique du pays, vise à favoriser l’exploitation du potentiel renouvelable considérable du pays (hydraulique, éolien, solaire…).

Plus récemment le ministre burundais de l’Energie disait vouloir atteindre une puissance de production de 370 MW à l’horizon 2017. Pour cela, il a évoqué la construction de plusieurs barrages et le déblocage de fonds pour les travaux d’aménagements afférents (voies d’accès, ligne de transports d’électricité…).

Parmi les projets importants figurent la construction de deux barrages sur les rivières Jiji et Murembwe, la centrale hydroélectriques qui sera érigée sur la rivière Ruzibazi, ainsi que les centrales de MPanda, de Kabu 16 (implantée sur la Kaburantwa) et de Kagu 006 (sur la Kagunuzi). A cela s’ajoute également d’autres projets, comme une centrale solaire pilote et la centrale hydroélectrique de Ruzizi III, que se partageront le Burundi, la République du Congo et le Rwanda.

Rédigé par : La Rédaction

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