Une hausse du prix de l’électricité sur le marché de gros ne signifie pas que la facture des ménages augmentera dans les mêmes proportions. Le prix payé par un client dépend aussi du contrat souscrit, du coût de transport et de distribution, ainsi que des prélèvements. Cette distinction aide à comprendre les variations observées sur les marchés électriques en 2026.
Deux marchés et plusieurs horizons de prix
Sur le marché de gros, l’électricité peut être négociée pour une livraison le lendemain, ou à terme pour des périodes plus éloignées. Le prix dit « spot » reflète les conditions de production et de consommation d’un moment précis. Les contrats à terme permettent, eux, de fixer à l’avance une partie des coûts d’approvisionnement. Un fournisseur n’achète donc pas nécessairement toute l’électricité destinée à ses clients au prix spot du jour.
Le bilan électrique 2025 de RTE relève un prix spot moyen de 61,1 euros par mégawattheure en 2025, avec de fortes différences selon les mois : 122,7 euros en février contre 19,4 euros en mai. Cette moyenne annuelle décrit un marché de gros, et non un tarif domestique.
Ce qui compose réellement une facture
La Commission de régulation de l’énergie distingue les coûts de production ou d’achat de l’électricité, les coûts commerciaux et la rémunération du fournisseur, ainsi que l’acheminement et les prélèvements. Les tarifs réglementés suivent une méthode spécifique d’empilement des coûts, décrite dans la présentation officielle des TRVE.
Les effets d’une évolution du marché de gros diffèrent ainsi selon qu’un client bénéficie d’un prix fixe, d’un prix révisable, d’une offre indexée ou du tarif réglementé. Le calendrier de révision du contrat compte autant que le mouvement des prix observé un jour donné.
Depuis la fin de l’ARENH, quelle surveillance ?
Le mécanisme d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) a pris fin le 31 décembre 2025. La CRE a renforcé son suivi des marchés de gros et publie des bulletins trimestriels. Dans son bilan du deuxième trimestre 2026, elle fait état de 476 TWh échangés, soit 21 % de moins qu’au premier trimestre, mais 4 % de plus qu’un an auparavant.
Ces volumes renseignent sur l’activité du marché et sur la possibilité pour les fournisseurs de se couvrir. Ils ne permettent pas, à eux seuls, de prévoir le prix payé par un ménage lors de sa prochaine échéance.
Trois vérifications utiles avant de comparer des offres
Le consommateur peut examiner la durée pendant laquelle le prix du kilowattheure est garanti, les conditions de révision et la part de l’abonnement dans le coût annuel. Il faut également comparer les offres sur une consommation annuelle identique et vérifier si les montants annoncés comprennent les taxes. Pour les entreprises, les périodes de livraison couvertes et les clauses d’indexation peuvent avoir un poids particulièrement important.
Le point publié par la CRE le 21 octobre 2026 rappelle enfin que des épisodes de prix de gros négatifs peuvent survenir lorsque l’offre est abondante. Ils ne signifient pas que toutes les factures deviennent négatives : le contrat et les autres composantes du prix restent déterminants.






