Jean-Luc Mélenchon a présenté le 7 novembre 2026 au Bourget les grandes orientations de son programme présidentiel. Sur l’électricité, le contraste avec la politique actuelle est net : le responsable de La France insoumise veut abandonner les nouveaux réacteurs EPR2 et privilégier une production fondée sur les énergies renouvelables. Il s’agit d’une proposition électorale, non d’une décision gouvernementale.
Selon le compte rendu de Reuters publié le 7 novembre, le programme prévoit aussi de limiter à 60 ans la durée d’exploitation des centrales nucléaires existantes. Cette orientation impliquerait une révision profonde des investissements et des trajectoires de production actuellement retenus par les pouvoirs publics.
Six EPR2 au cœur de la stratégie actuelle
Le décalage est particulièrement visible avec le cinquième Conseil de politique nucléaire du 12 mars 2026. L’Élysée y confirmait un programme de six réacteurs EPR2, répartis entre Penly, Gravelines et Bugey. EDF s’était engagé sur une cible de coût de construction de 72,8 milliards d’euros, exprimée en euros de 2020.
Le même conseil demandait une décision finale d’investissement du conseil d’administration d’EDF avant la fin de 2026, pour une première mise en service visée d’ici 2038. Le financement envisagé comprend un prêt bonifié de l’État couvrant 60 % du montant du programme. Ces jalons ne signifient pas que les six réacteurs sont déjà construits ni que tous les arbitrages sont définitivement clos.
Un changement de majorité favorable à l’abandon du programme poserait donc des questions très concrètes : sort des études engagées, contrats industriels, emplois de la filière et capacité à remplacer à terme une partie de la production existante. Il serait prématuré de chiffrer ces effets sans décisions précises sur les projets et leur financement.
Un autre horizon pour les renouvelables
La proposition de Mélenchon s’inscrit dans un objectif de sortie du nucléaire au profit des renouvelables. Le Monde indiquait le 6 novembre que l’horizon d’une production entièrement renouvelable dans ce projet avait été repoussé de 2050 à 2060.
Entre une annonce politique et une transformation du système électrique, plusieurs étapes demeureraient nécessaires : une éventuelle victoire électorale, des choix législatifs et budgétaires, puis des décisions techniques concernant les réseaux, les moyens de production et la sécurité d’approvisionnement. Pour l’heure, le programme EPR2 reste celui porté par les autorités françaises, tandis que son avenir devient un point de divergence explicite de la campagne de 2027.






