Vivre dans un logement confortable en hiver comme en été est loin d’être une évidence pour tous les Français. Selon le premier Baromètre du pouvoir de vivre 2026, publié le 4 novembre par le Pacte du pouvoir de vivre et la Fondation Jean-Jaurès, 37 % des Français considèrent leur habitation insuffisamment adaptée aux périodes de grand froid ou de forte chaleur.
L’enquête Ipsos-BVA, menée du 3 au 10 septembre 2026 auprès de 12 000 personnes, met surtout en évidence une différence majeure entre locataires et propriétaires.
Parmi les locataires, 54 % estiment que leur logement ne répond pas correctement à ces contraintes climatiques. Chez les propriétaires, la proportion tombe à 29 %.
Soit un écart de 25 points entre les deux catégories.
Les locataires beaucoup plus exposés à l’inconfort thermique
Les résultats montrent que le confort thermique est loin d’être uniformément ressenti sur le territoire.
Dans l’agglomération parisienne, 48 % des personnes interrogées jugent leur logement insuffisamment adapté aux fortes variations de température. Cette proportion atteint 31 % dans les communes de moins de 2 000 habitants.
L’âge joue également un rôle. Parmi les 25-34 ans, 44 % considèrent leur habitation mal adaptée, contre 28 % des personnes âgées de 70 ans et plus.
Ces écarts peuvent notamment être rapprochés des différences de logement et de statut d’occupation selon les générations. L’enquête ne permet toutefois pas d’établir précisément les causes de chaque situation.
Le résultat intéresse directement le débat sur la rénovation énergétique. Alors que les politiques publiques s’intéressent largement aux performances énergétiques des bâtiments, la question du confort pendant les périodes de canicule prend également de l’importance.
Un logement peut en effet présenter des difficultés différentes selon les saisons. L’isolation, les protections solaires, la ventilation et l’inertie thermique jouent toutes un rôle dans le maintien d’une température supportable.
Le problème ne se limite pas nécessairement aux logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique. Le baromètre mesure cependant une perception des occupants, et non la performance thermique réelle des habitations : il ne permet donc pas de déterminer combien de logements sont effectivement des passoires énergétiques.
L’énergie reste la première inquiétude pour le pouvoir d’achat
Au-delà de l’adaptation des bâtiments, les dépenses énergétiques occupent une place centrale dans les préoccupations financières.
59 % des Français redoutent que leurs dépenses de chauffage et d’électricité dégradent leur niveau de vie dans les prochaines années.
Il s’agit du premier poste de dépenses cité, devant la mobilité (45 %) et l’alimentation (44 %).
Cette inquiétude touche également 61 % des propriétaires et 57 % des locataires.
Le baromètre fait ainsi apparaître deux difficultés distinctes : la capacité à payer l’énergie et la capacité du logement à protéger ses occupants contre les températures extrêmes.
La question de l’adaptation dépasse d’ailleurs les habitations. Selon l’enquête, 62 % des Français jugent les services de santé insuffisamment préparés aux conséquences du changement climatique et 47 % estiment que leur commune n’est pas suffisamment adaptée.
Pour les bâtiments résidentiels, les résultats soulignent surtout un défi : améliorer le confort thermique des logements sans accroître les difficultés économiques des ménages qui les occupent, particulièrement dans le parc locatif.






