« Je ne savais même pas que c’était interdit » : 1 500 euros d’amende pour un feu de cheminée, des habitants découvrent la règle depuis le 1er novembre

657 communes, 1 500 euros d’amende, un simple feu de cheminée peut désormais vous coûter cher. Votre commune fait-elle partie de la liste ? La réponse pourrait bien vous surprendre.

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« Je ne savais même pas que c'était interdit » : 1 500 euros d'amende pour un feu de cheminée, des habitants découvrent la règle depuis le 1er novembre
« Je ne savais même pas que c’était interdit » : 1 500 euros d’amende pour un feu de cheminée, des habitants découvrent la règle depuis le 1er novembre © L'EnerGeek

Depuis le 1er novembre 2026, 657 communes françaises interdisent l’usage des cheminées à foyer ouvert, un total atteint avec l’arrivée de 95 communes de la métropole européenne de Lille, confirme le magazine Capital. L’interdiction vise aussi bien le chauffage principal que les flambées d’appoint ou d’agrément : impossible désormais d’allumer un feu dans ce type d’installation, même pour quelques heures, dans les territoires concernés.

Un foyer ouvert se définit comme une cheminée traditionnelle, sans vitre ni porte de protection face à la pièce. Six départements sont, depuis le 1er novembre 2026, touchés : le Nord, le Rhône, l’Isère, la Loire, la Haute-Savoie et l’Ain.

Une liste qui s’allonge depuis janvier 2022

La mesure n’est pas nouvelle. Elle existe depuis 2022, d’abord cantonnée aux pics de pollution, avant de devenir permanente dans certains territoires. Tout a commencé en janvier 2022 avec 41 communes de la vallée de l’Arve, en Haute-Savoie, parmi lesquelles Chamonix-Mont-Blanc et Mégève. L’interdiction y concerne aussi les résidences secondaires et les hébergements touristiques.

La métropole de Lyon a suivi en avril 2023. Un an plus tard, 123 communes de l’Isère ont rejoint la liste, puis Saint-Étienne Métropole et cinq communes voisines en avril 2025. Le 1er janvier 2026, 174 nouvelles communes iséroises sont venues s’ajouter, avant le reste du plan lyonnais en avril et, enfin, les 95 communes lilloises début novembre.

L’Isère reste le département le plus concerné, avec 358 municipalités réparties entre plusieurs plans de protection de l’atmosphère. En cinq ans, le nombre de communes soumises à l’interdiction a été multiplié par 16.

Jusqu’à 90 % des particules fines liées au bois en hiver

La justification est sanitaire. Selon la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement Auvergne Rhône-Alpes, un foyer ouvert utilisé en chauffage principal émet jusqu’à 30 fois plus de PM10 qu’un appareil de chauffage au bois permanent.

Dans la métropole de Lyon, les foyers ouverts représentent environ 50 % des émissions annuelles de particules les plus fines, selon l’Agence locale de l’énergie et du climat, une part qui grimpe à 80 % lors des pics de pollution hivernaux.

Selon la préfecture de la Loire, dans le bassin stéphanois, cette contribution atteint 90 % en période hivernale. En Isère, le chauffage au bois représente 70 % des particules fines émises. Ces polluants pénètrent profondément dans les voies respiratoires et favorisent l’apparition ou l’aggravation de maladies respiratoires et cardiovasculaires, rappelle la préfecture du Nord, qui évoque « asthmes, broncho-pneumopathie, cancer du poumon […] et cardiovasculaires (hypertension, AVC) ».

Le non-respect de l’interdiction expose à une contravention de cinquième classe prévue par le Code de l’environnement : 1 500 euros d’amende, portés à 3 000 euros en cas de récidive. À Lille, la sanction annoncée atteint également 1 500 euros. L’Isère et la Haute-Savoie, elles, ne communiquent pas de montant précis.

Une précision mérite d’être apportée : l’interdiction d’usage n’oblige pas à détruire sa cheminée. Elle se distingue aussi du ramonage, obligatoire au moins une fois par an pour les propriétaires de maisons équipées, deux fois dans certaines communes.

Les propriétaires concernés peuvent équiper leur foyer d’un insert récent, qui transforme la cheminée ouverte en système fermé plus performant. Les poêles à bûches ou à granulés restent également possibles, sous réserve des exigences locales. Certains départements n’acceptent en remplacement que des appareils de chauffage performants.

Le rendement d’une cheminée traditionnelle plafonne souvent entre 10 % et 15 %, contre près de 90 % pour certains équipements récents, qui limitent nettement les émissions polluantes. Dans la métropole de Lyon, les appareils fabriqués avant 2002 seront à leur tour interdits d’usage à partir du 1er avril 2028. Des aides financières existent pour accompagner ce changement de matériel.

La mesure fait réagir à l’extrême droite. Éric Ciotti, maire de Nice et président de l’Union des droites, y voit une aberration et une attaque inacceptable contre la liberté mais aussi le patrimoine immatériel des Français. Il annonce vouloir déposer une proposition de loi pour réformer le Code de l’environnement.

Mathieu Lefèvre, ministre délégué à la Transition écologique, défend de son côté une mesure de pédagogie, pas de contrainte.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l’élection présidentielle de 2027, estime que la mesure revient à « faire peser les contraintes écologiques sur ceux qui ont le moins de moyens », rappelant que « tout le monde ne peut pas financer un insert coûteux, engager des travaux et se conformer à des normes toujours plus exigeantes ».

L’eurodéputée Reconquête ! Sarah Knafo résume la critique autrement : « l’idéologie prive les Français de ce qu’ils aiment ».

Les habitants des communes concernées sont invités à vérifier les arrêtés préfectoraux applicables avant d’allumer leur cheminée.

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