TotalEnergies investit davantage dans les renouvelables américains malgré le recul des aides

Patrick Pouyanné a indiqué le 2 novembre que TotalEnergies renforçait ses investissements dans les projets renouvelables américains, profitant du retrait de certains développeurs. Le groupe français mise sur des actifs à construire malgré le calendrier resserré des crédits d’impôt aux États-Unis.

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TotalEnergies investit davantage dans les renouvelables américains malgré le recul des aides © L'EnerGeek

TotalEnergies entend investir un peu plus que prévu dans les énergies renouvelables aux États-Unis. Le 2 novembre 2026, son directeur général Patrick Pouyanné a expliqué que les inquiétudes de certains développeurs face au recul des aides publiques ouvraient des possibilités de reprise de projets. Le groupe français voit ainsi des opportunités dans un marché que d’autres acteurs jugent devenu trop incertain.

Lors d’une présentation de ses perspectives énergétiques à Paris, le dirigeant a décrit un marché américain encore porteur, malgré la réduction annoncée du soutien fiscal au solaire et à l’éolien. Selon les propos recueillis par Reuters le 2 novembre, TotalEnergies reprend des projets en développement auprès d’entreprises qui cherchent à se désengager, puis envisage d’en assurer la construction.

Des projets renouvelables à reprendre avant la fin des avantages fiscaux

Une loi fiscale américaine adoptée en 2025 a accéléré l’extinction de plusieurs crédits d’impôt liés à l’éolien et au solaire. Pour la plupart des nouveaux projets, l’accès à ces avantages dépend désormais d’un début de construction avant juillet 2026 ou d’une mise en service au plus tard fin 2027, selon les conditions applicables.

Ce calendrier accroît la pression sur les promoteurs. Les développeurs qui ne disposent pas des financements, des autorisations ou des moyens industriels nécessaires peuvent préférer vendre leurs projets plutôt que de supporter seuls les risques. TotalEnergies dispose, de son côté, d’une taille financière et d’une expérience de construction susceptibles de lui permettre de reprendre certains de ces actifs.

Patrick Pouyanné a indiqué que le groupe avait accru son attention portée aux projets éoliens et qu’il consacrait un peu plus de capitaux au marché américain que prévu initialement. Les projets américains étant souvent plus grands que leurs équivalents européens, leur acquisition et leur construction mobilisent des montants importants. Aucun nouveau montant global d’investissement n’a été précisé à cette occasion.

Un portefeuille solaire déjà renforcé au Texas et dans l’Ohio

Cette orientation s’inscrit dans une stratégie industrielle déjà engagée. Le 12 octobre, TotalEnergies avait annoncé l’ajout de 700 MW de projets solaires à sa coentreprise américaine avec KKR, détenue à parts égales. Les trois centrales, situées au Texas et dans l’Ohio, représentent une valeur d’entreprise de 1,2 milliard de dollars et doivent entrer en service d’ici au premier trimestre 2027, sous réserve du calendrier prévu.

Cette transaction, annoncée en octobre, constitue un exemple du modèle économique du groupe : développer ou exploiter des centrales, tout en partageant une partie du financement avec des investisseurs. À fin juin 2026, TotalEnergies déclarait plus de 37 GW de capacité brute de production renouvelable dans le monde.

Une stratégie américaine entre renouvelables et hydrocarbures

Le repositionnement intervient dans un environnement énergétique américain contrasté. En mars, TotalEnergies avait renoncé à deux concessions éoliennes en mer après un accord avec les autorités fédérales, prévoyant le réinvestissement de sommes récupérées dans des projets de gaz et d’électricité. Les acquisitions évoquées en novembre concernent une autre logique : saisir des occasions sur des projets renouvelables terrestres ou en développement.

Pour la France, l’enjeu est celui de l’allocation des capitaux d’un grand groupe énergétique national présent sur plusieurs continents. Les choix américains de TotalEnergies renseignent sur la rentabilité et les risques des infrastructures renouvelables, mais ne se traduisent pas mécaniquement par une modification des tarifs d’électricité français.

La prochaine étape sera la transformation de ces projets repris en capacités réellement construites et raccordées, dans un marché où le financement, le réseau et les échéances fiscales pèsent autant que les ambitions de production.

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