Pétrole : l’OPEP+ maintient ses quotas pour décembre malgré un Brent proche de 118 dollars

Réunis le 1er novembre, sept producteurs de l’OPEP+ ont reconduit leurs objectifs de production pour décembre 2026. Le statu quo intervient alors que les exportations restent perturbées au Moyen-Orient et que le marché attend les arbitrages décisifs sur les quotas de 2027.

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Pétrole : l’OPEP+ maintient ses quotas pour décembre malgré un Brent proche de 118 dollars © L'EnerGeek

Sept pays de l’OPEP+ ont décidé dimanche 1er novembre de ne pas modifier leurs objectifs de production de pétrole pour décembre 2026. Cette décision, prise alors que le Brent a terminé la séance de vendredi près de 118 dollars le baril, laisse ouverte la question centrale du marché : combien de pétrole pourra effectivement être exporté tant que les perturbations au Moyen-Orient persistent ?

Selon le communiqué officiel publié le 1er novembre par l’OPEP, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont décidé de reconduire pour décembre les niveaux de production requis de septembre. Ces sept producteurs ont tenu une réunion à distance consacrée à la situation du marché et à ses perspectives.

Un gel des quotas, mais pas une garantie sur les volumes livrés

La distinction entre objectif de production et approvisionnement réel est essentielle. Les quotas fixent les volumes que les pays participants sont autorisés ou tenus de produire dans le cadre de leurs accords. Ils ne correspondent pas nécessairement aux barils qui atteignent les raffineries et les ports importateurs.

Comme le relève Reuters dans son compte rendu de la réunion, plusieurs producteurs du Golfe restent en dessous de leurs objectifs malgré la reprise partielle des exportations. Le conflit impliquant l’Iran a perturbé les infrastructures et les flux maritimes, en particulier autour du détroit d’Ormuz, passage majeur du commerce pétrolier mondial.

La décision du 1er novembre prolonge ainsi les choix déjà effectués pour octobre et novembre. Elle n’annonce ni augmentation supplémentaire des quotas pour décembre, ni réduction immédiate. Pour les acheteurs, l’évolution des livraisons et des coûts de transport reste au moins aussi importante que le niveau théorique fixé par l’alliance.

Le rendez-vous du 29 novembre prépare une décision plus délicate pour 2027

Les sept pays ont fixé leur prochaine réunion au 29 novembre 2026, date également attendue pour des discussions plus larges sur la politique de production de l’OPEP+ en 2027. Le groupe doit notamment arrêter les niveaux de référence qui serviront au calcul des futurs quotas.

Les producteurs ont achevé en septembre le retrait progressif d’une réduction de 1,65 million de barils par jour instaurée en 2023. Une autre couche de restrictions, d’environ deux millions de barils par jour pour une partie des membres, reste en place jusqu’à la fin de 2026, selon Reuters.

Avant de décider de son éventuel assouplissement, l’alliance doit évaluer les capacités de production de ses membres. Cet exercice est compliqué par les dommages et retards subis par certains projets énergétiques au Moyen-Orient. Les analystes doivent aussi tenir compte d’un scénario inverse : un retour plus rapide des exportations pourrait accroître sensiblement l’offre mondiale en 2027.

Pourquoi cette décision intéresse les consommateurs français

Le pétrole brut est une matière première déterminante pour les prix de l’essence, du gazole et de nombreux produits raffinés vendus en Europe. Les raffineurs et distributeurs français sont exposés aux cours internationaux, aux coûts logistiques et aux fluctuations de change. Une perturbation durable de l’offre peut donc peser sur les prix à la pompe, même lorsque la France n’achète pas directement son pétrole aux pays les plus touchés.

Le Brent, référence importante pour le marché européen, avait clôturé vendredi 30 octobre à près de 118 dollars le baril, après une hausse de plus de 2 % dans la séance, d’après les données rapportées par Reuters. Ce niveau reflète un marché préoccupé par les risques d’approvisionnement. Il ne constitue pas, à lui seul, une prévision du prix des carburants en France : les taxes, les marges, les délais d’approvisionnement et le taux de change interviennent également.

La prochaine étape sera donc double : observer les volumes réellement exportés pendant novembre et connaître, le 29 novembre, les orientations de l’OPEP+ pour 2027. C’est de cet équilibre entre capacité disponible, circulation des pétroliers et demande mondiale que dépendra une part importante de l’évolution des cours.

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