Au Brésil, le développement du réseau électrique attire massivement les investisseurs européens. Lors de l’appel d’offres organisé vendredi 30 octobre 2026 à São Paulo, des entreprises d’origine espagnole ont remporté sept des huit projets attribués, représentant environ 8,56 milliards de réais d’investissements prévisionnels. Le montant total des ouvrages mis en concurrence approche 8,9 milliards de réais, selon les résultats rapportés par Reuters.
Le groupe Celeo, les sociétés Cymi et Cox ainsi que Neoenergia, contrôlée par l’espagnol Iberdrola, figurent parmi les lauréats. La portugaise EDP a remporté le projet restant. Ces attributions portent sur la construction puis l’exploitation d’infrastructures de transport d’électricité : les montants annoncés correspondent aux investissements estimés pour les futurs chantiers, et non à des dépenses déjà réalisées.
Un chantier majeur pour les lignes à haute tension du Brésil
L’Agence nationale de l’énergie électrique brésilienne (ANEEL) avait annoncé un programme comprenant 1 866 kilomètres de nouvelles lignes et de sections de raccordement, ainsi que 12 694 mégavoltampères de capacité de transformation. Les ouvrages concernent sept États, de Bahia à São Paulo, en passant par le Paraná et le Mato Grosso do Sul. Les délais prévus pour achever les différents projets s’échelonnent de 42 à 60 mois après la signature des concessions.
La plus importante attribution revient à Celeo. D’après le compte rendu publié le 30 octobre par l’ANEEL, le lot 4 prévoit notamment deux ensembles de lignes à 500 kilovolts, totalisant respectivement 620 et 547 kilomètres, ainsi que de nouvelles sous-stations. Il doit améliorer l’alimentation du Mato Grosso do Sul et contribuer à la capacité d’interconnexion entre le Brésil et la Bolivie. L’investissement estimé pour ce lot atteint 4,1 milliards de réais.
Pourquoi les entreprises européennes investissent dans les réseaux
Ce résultat illustre le poids des opérateurs européens dans les concessions électriques latino-américaines. Le quotidien brésilien Folha de S.Paulo détaille les projets remportés par Celeo, Cymi, Cox et Neoenergia, tandis qu’EDP conserve une place dans ce marché dominé par les acteurs ibériques.
Pour les spécialistes français de l’énergie, l’enjeu est d’abord industriel. Développer la production électrique exige des lignes capables de relier les installations, les régions consommatrices et les réseaux voisins. Les investissements brésiliens montrent l’ampleur des capitaux nécessaires à cette infrastructure, un défi que connaissent également les gestionnaires de réseaux européens.
La compétition portait aussi sur les recettes futures autorisées aux concessionnaires. Sur le lot 4, Celeo a proposé une recette annuelle de 377,1 millions de réais, soit une réduction de 50,55 % par rapport au plafond initial fixé par le régulateur. Pour le lot 8, consacré à des équipements de stabilisation du réseau en Rondônia, l’ANEEL fait état d’une réduction de 48,02 %. Ces rabais pèseront sur l’économie des concessions pendant leur exploitation.
La prochaine étape sera la contractualisation, puis le lancement des études et des travaux. La réussite du programme dépendra autant de la construction effective des ouvrages que de leur intégration au réseau électrique brésilien.






