La Banque mondiale projette une hausse de 32% des prix de l’énergie en 2026, avec le baril de Brent grimpant de 69 à 91-92 dollars. Parallèlement, les livraisons de pétrole accusent une chute de 5,2%, la plus forte en quatre décennies hors période de récession. Dans son rapport Commodity Markets Outlook publié ce 29 octobre 2026, l’institution internationale dévoile une analyse technique de cette convergence critique qui frappe le secteur énergétique mondial.
Le prix du Brent : de 69 dollars en 2025 à 91-92 dollars en 2026
Le baril de Brent, référence mondiale du pétrole brut, affichait un cours moyen de 69 dollars en 2025. Les projections de la Banque mondiale tablent sur un bond à 91-92 dollars en 2026, soit une progression de 33%. Ayhan Kose, chef économiste adjoint de l’institution et directeur du Prospects Group, souligne que « le marché des produits de base a été touché par plusieurs chocs majeurs en même temps ». Selon les données publiées par Le Figaro, l’ensemble des matières premières devrait connaître une hausse globale de 23% en 2026.
Une hausse de 32% : les chiffres exacts de la Banque mondiale
L’augmentation de 32% des prix de l’énergie constitue le moteur principal de la flambée des matières premières. Au-delà du pétrole, le gaz naturel et le charbon suivent des trajectoires similaires. Les analystes de la Banque mondiale identifient trois facteurs explicatifs : le conflit au Moyen-Orient lancé en février 2026 par Israël et les États-Unis contre l’Iran, les perturbations en mer Noire affectant les routes d’approvisionnement, et les effets d’un épisode El Niño exceptionnel. L’institution prévoit néanmoins une correction en 2027, avec un repli de 7% des prix des matières premières et un retour du Brent à 79 dollars, sauf escalade majeure.
Comparaison historique : où nous situons-nous ?
Les niveaux de prix anticipés pour 2026 restent inférieurs aux sommets de 2022, lorsque le baril avait dépassé les 120 dollars après l’invasion de l’Ukraine. Toutefois, la rapidité de la progression inquiète. Entre 2025 et 2026, la hausse annuelle dépasse celle observée lors de la crise de 2008. La Banque mondiale évoque même un scénario alternatif catastrophique : si les tensions au Moyen-Orient s’intensifient après les élections américaines du 3 novembre 2026, le baril pourrait atteindre 105 dollars en 2027. Comme le rapporte Whalesbook, ces prévisions placent les marchés énergétiques dans une zone de turbulence inédite.
La chute des livraisons : -5,2%, la pire baisse en 40 ans hors récession
Au-delà des prix, c’est la contraction des volumes qui alarme. Les livraisons mondiales de pétrole ont chuté de 5,2%, marquant la plus forte baisse en quarante ans en dehors d’une période de récession économique. Le conflit au Moyen-Orient a directement impacté les capacités d’exportation iraniennes et perturbé les flux transitant par le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Analyse des perturbations : Moyen-Orient, mer Noire et effets en cascade
Les infrastructures pétrolières iraniennes ont subi des frappes ciblées dès février 2026, réduisant la production quotidienne du pays de près de 800 000 barils. Parallèlement, les routes d’approvisionnement en mer Noire restent fragilisées par les tensions persistantes, affectant non seulement les exportations de céréales mais aussi les flux énergétiques russes vers l’Europe et l’Asie. Selon le Daily Post, Ayhan Kose avertit que ces coûts énergétiques accrus « pourraient aggraver l’inflation, l’insécurité alimentaire et la croissance économique ».
Quelles régions sont les plus impactées ?
Les pays importateurs nets de pétrole subissent de plein fouet ces perturbations. L’Inde, qui importe près de 85% de ses besoins pétroliers, fait face à un élargissement de son déficit courant et à des pressions inflationnistes accrues. En Europe, la dépendance aux importations énergétiques expose les économies à des coûts de production industrielle en forte hausse. Les pays d’Afrique subsaharienne, déjà fragilisés par un endettement élevé, voient leurs budgets nationaux déstabilisés par la facture énergétique. La Banque mondiale a d’ailleurs mobilisé 8,7 milliards de dollars d’aides et de prêts concessionnels au profit de 25 pays touchés par les répercussions du conflit.






