La France compte 16 projets sélectionnés dans le dernier appel du Fonds européen pour l’innovation, pour plus de 750 millions d’euros de subventions demandées et restant à contractualiser. Dans un bilan national publié le 28 octobre 2026, le ministère chargé de la Transition écologique détaille les opérations retenues par la Commission européenne le 19 octobre, de la production de lithium à la flexibilité des réseaux électriques.
La présentation du ministère place la France au premier rang des pays représentés, devant les Pays-Bas, avec neuf projets, puis l’Espagne et l’Allemagne, avec huit projets chacune. Au total, la Commission européenne a sélectionné 77 projets dans 23 pays, pour un soutien potentiel de 3,4 milliards d’euros financé par les recettes du marché européen du carbone.
Cinq projets français parmi les douze grands dossiers industriels
La sélection française comprend cinq des douze projets retenus dans la catégorie des opérations industrielles de grande ampleur. Parmi eux, GravitHy prévoit à Fos-sur-Mer une installation destinée à produire jusqu’à deux millions de tonnes par an de fer briqueté à chaud bas-carbone, à partir notamment d’hydrogène produit sur place. Ageli, porté par Eramet en Alsace, vise pour sa part une capacité de 15 000 tonnes annuelles de carbonate de lithium de qualité batterie, extrait de ressources géothermales.
Dans le solaire, le projet SOLAR4EU d’Holosolis, à Hambach en Moselle, prévoit une capacité industrielle de cinq gigawatts de cellules et de modules photovoltaïques. Le projet H4 Marseille Fos vise jusqu’à 75 000 tonnes par an de carburants de synthèse pour l’aviation. Ces chiffres correspondent aux capacités projetées par les industriels, et non à une production déjà réalisée.
Le stockage électrique et la chaleur industrielle figurent aussi parmi les lauréats
Le portefeuille retenu comprend BESS-4-C, projet porté par EDF Renouvelables et consacré à une solution de stockage par batterie destinée à améliorer la flexibilité du système électrique. Les projets STEAMBOX et TISSUE concernent, quant à eux, l’électrification de la chaleur industrielle. Ces technologies répondent à des besoins distincts : équilibrer la production et la consommation d’électricité, ou substituer des procédés électriques à des usages industriels d’énergie fossile.
Le Fonds pour l’innovation intervient également dans les matériaux critiques et les carburants de substitution. Pour les porteurs de projets, la sélection européenne constitue une étape de financement importante, mais ne remplace ni les autorisations administratives, ni les décisions définitives d’investissement, ni la réalisation des équipements annoncés.
Les aides doivent encore faire l’objet de conventions
Les montants communiqués pour la France représentent les subventions sollicitées par les projets sélectionnés. La Commission précise que les lauréats doivent désormais préparer leurs conventions avec l’Agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement (CINEA). Les budgets, calendriers et engagements techniques seront arrêtés dans cette phase, dont les résultats sont attendus au premier trimestre 2027.
Le dispositif européen reste très sélectif : l’appel avait attiré 358 candidatures demandant ensemble 17,5 milliards d’euros d’aides. Les projets non financés mais ayant franchi l’évaluation peuvent, dans certains cas, obtenir un label facilitant la recherche d’autres financements. Pour les 16 dossiers français, la prochaine échéance est donc la signature effective des accords de subvention, avant les étapes industrielles propres à chaque installation.






