Hydrogène hors réseau : près d’un million d’euros pour un démonstrateur français à base de métaux

Novacium, AD-VENTA et Axel’One bénéficient d’un financement public de près d’un million d’euros pour développer une station autonome de production d’hydrogène. Le projet METAGENE doit encore démontrer ses performances techniques et son intérêt économique.

Publié le
Lecture : 2 min
B934afa3 Hydrogene Autonome Metagene
Hydrogène hors réseau : près d’un million d’euros pour un démonstrateur français à base de métaux © L'EnerGeek

Un consortium industriel français dirigé par Novacium a annoncé le 27 octobre un soutien public de près d’un million d’euros pour développer une station de production d’hydrogène fonctionnant sans alimentation électrique extérieure. Baptisé METAGENE, le projet associe Novacium, AD-VENTA et Axel’One. Il vise des usages isolés, civils comme militaires, où l’acheminement de bouteilles d’hydrogène sous pression pose des contraintes logistiques.

Selon le communiqué de HPQ Silicon, partenaire et actionnaire de Novacium, le programme représente 1,2 million d’euros de dépenses, financées à hauteur de 80 % par le dispositif public RAPID. L’accord de financement avait été finalisé en juin, mais son existence n’a été rendue publique que le 27 octobre. Les travaux ont commencé le 1er septembre pour une durée prévue de trente mois.

Produire de l’hydrogène là où le réseau électrique n’arrive pas

Le procédé étudié utilise un combustible solide composé d’aluminium et de silicium. Mis en réaction avec de l’eau et un activateur, ce matériau libère de l’hydrogène. Le principe diffère de l’électrolyse, qui nécessite un apport d’électricité pour séparer l’hydrogène de l’oxygène de l’eau.

L’objectif est de fabriquer le gaz au plus près de son utilisation, puis de le distribuer à haute pression, sans transporter préalablement de grandes quantités d’hydrogène comprimé. Les promoteurs mettent en avant la facilité de stockage du combustible solide et une densité annoncée d’environ 1,25 mètre cube d’hydrogène par kilogramme de matériau. Ces caractéristiques devront être vérifiées à l’échelle du démonstrateur intégré.

La technologie reste en phase de développement. Le consortium veut passer d’un niveau de maturité technologique TRL 3, correspondant à une preuve de concept expérimentale, à un niveau TRL 5 ou 6, associé à une validation dans un environnement pertinent. Il ne s’agit donc pas encore d’une station commerciale homologuée.

Trois partenaires pour franchir l’étape du démonstrateur

Novacium, implantée à Solaize, près de Lyon, prend en charge le combustible métallique et le réacteur de production. AD-VENTA, entreprise de la Drôme spécialisée dans les équipements de gaz à haute pression, travaille sur l’intégration à une station de distribution. Axel’One apporte ses capacités d’analyse, de caractérisation et de purification des gaz.

Une coopération industrielle annoncée antérieurement visait une station pouvant délivrer jusqu’à 20 kilogrammes d’hydrogène par jour. Ce chiffre correspond à une capacité visée pour le développement, et non à une production quotidienne déjà démontrée. Le média spécialisé Mining Weekly a également rendu compte du financement et de l’objectif de mise au point d’une station autonome.

Une innovation à double usage, avec un bilan environnemental à établir

Le soutien relève du Régime d’appui à l’innovation duale (RAPID), destiné aux technologies susceptibles de servir à la fois des applications civiles et des besoins de défense. Le bilan d’activité de l’Agence de l’innovation de défense décrit ce dispositif, qui peut couvrir jusqu’à 80 % des dépenses éligibles. Pour METAGENE, les débouchés envisagés comprennent des sites industriels isolés, des équipements mobiles, des drones et des installations autonomes.

La réaction chimique ne nécessite pas d’électricité sur place, mais l’énergie consommée pour fabriquer et préparer les métaux doit être prise en compte pour juger de son intérêt climatique. Le coût complet dépendra également du combustible, de son renouvellement, du traitement des résidus, de la maintenance et du rendement de l’ensemble. Les estimations économiques avancées par l’entreprise ne constituent pas encore des coûts industriels observés.

Pour la filière française de l’hydrogène, l’enjeu est désormais de déterminer si cette production décentralisée peut répondre à des besoins précis que les électrolyseurs raccordés au réseau et les livraisons classiques couvrent difficilement. Les essais d’intégration et de fonctionnement seront déterminants pour apprécier sa sécurité, sa compétitivité et ses usages réels.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.