Gaz qatari : 38 cargaisons suspendues chez Edison, filiale d’EDF, jusqu’à fin décembre

QatarEnergy prolonge jusqu’à fin décembre la suspension de ses livraisons de GNL à Edison, filiale italienne d’EDF. Au total, 38 cargaisons sont concernées depuis avril, tandis que les marchés européens du gaz restent sous tension avant l’hiver.

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Gaz qatari : 38 cargaisons suspendues chez Edison, filiale d’EDF, jusqu’à fin décembre © L'EnerGeek

Le fournisseur qatari QatarEnergy a prolongé jusqu’à la fin décembre 2026 la suspension de livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) à Edison, filiale italienne du groupe EDF. Trois cargaisons supplémentaires sont concernées, selon le communiqué publié par Edison le 27 octobre. Cette prolongation intervient alors que les acheteurs européens et asiatiques se disputent des approvisionnements alternatifs à l’approche de l’hiver.

Trente-huit cargaisons concernées depuis avril

Le nouvel avis de force majeure transmis par QatarEnergy porte à 38 le nombre de cargaisons de GNL non livrées au titre du contrat depuis le début de la suspension, en avril. Edison chiffre leur volume cumulé à environ 5 milliards de mètres cubes de gaz naturel. La précédente échéance de la suspension était fixée au début de décembre ; elle est désormais repoussée à la fin du mois.

Le contrat, conclu en 2009 pour vingt-cinq ans, prévoit normalement 6,4 milliards de mètres cubes par an à destination de l’Italie. Les cargaisons devaient être réceptionnées au terminal Adriatic LNG, sur la côte adriatique. L’interruption est liée aux perturbations de production et de transport provoquées par le conflit au Moyen-Orient.

Edison indique avoir remplacé 27 cargaisons à la date du 27 octobre, soit environ 2,7 milliards de mètres cubes. L’entreprise assure pouvoir trouver des volumes de substitution pour ses clients et honorer ses engagements commerciaux. Les 38 cargaisons affectées couvrent l’ensemble de la période d’avril à décembre : elles ne correspondent pas toutes à un besoin immédiat sur le marché au comptant.

Un dossier italien qui concerne directement EDF

Cette crise d’approvisionnement touche une entreprise intégrée au groupe français EDF. Sur sa présentation de ses activités internationales, EDF décrit l’Italie comme un marché stratégique où il est présent principalement à travers Edison, actif dans l’électricité et le gaz.

La prolongation oblige la filiale à poursuivre sa recherche de fournisseurs alternatifs et entretient l’incertitude sur ses coûts d’achat. Le prix auquel Edison se procure effectivement les cargaisons de remplacement n’est pas détaillé dans le communiqué du 27 octobre. Il serait donc prématuré d’en déduire un surcoût précis pour le groupe ou une hausse déterminée des factures françaises.

L’enjeu dépasse toutefois les frontières italiennes. Les importateurs européens s’approvisionnent sur des marchés gaziers interconnectés, où la raréfaction d’une source majeure peut intensifier la concurrence pour les cargaisons disponibles. Reuters rapporte également que des acheteurs au Bangladesh et au Pakistan ont été informés de prolongations comparables, ce qui illustre la dimension internationale des tensions sur le GNL.

Le marché européen du gaz sous pression avant l’hiver

Selon les informations recueillies par Reuters le 28 octobre, le contrat néerlandais TTF, référence du marché européen du gaz, a dépassé 95 euros par mégawattheure dans la semaine, dans un contexte de stocks européens relativement bas, de températures en baisse et de perturbations des exportations du Golfe. Il s’agit d’une cotation de gros, différente du prix effectivement payé par les particuliers.

En France, les offres de fourniture et leurs mécanismes d’indexation déterminent la transmission éventuelle des mouvements de marché aux consommateurs. Le médiateur national de l’énergie indique que le prix repère publié pour novembre augmente de 6,6 % TTC. Cette évolution avait été annoncée le 12 octobre, avant la dernière notification d’Edison, et ne saurait lui être attribuée.

Les prochaines données à surveiller seront les achats de remplacement d’Edison, l’évolution des livraisons qataries et les prix de gros durant les premières semaines de chauffage. Pour le groupe EDF comme pour les autres acheteurs européens, la capacité à diversifier les provenances reste déterminante dans la gestion de cet hiver gazier.

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