Chauffage la nuit : faut-il éteindre ou laisser en marche ? Guide pour réduire vos factures en 2026

Éteindre le chauffage la nuit pour économiser ? Grosse erreur selon les experts. La vraie astuce coûte six fois moins cher et évite un risque sournois pour vos murs.

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Chauffage la nuit : faut-il éteindre ou laisser en marche ? Guide pour réduire vos factures en 2026
Chauffage la nuit : faut-il éteindre ou laisser en marche ? Guide pour réduire vos factures en 2026 © L'EnerGeek

Ron Perduss, expert consommateur interrogé par RTL dans un entretien publié le 25 octobre 2026, affirme qu’en réalité, il n’est pas conseillé d’éteindre complètement le chauffage. Il explique que l’effort énergétique nécessaire pour réchauffer à nouveau le logement ou la maison refroidie annule l’économie réalisée pendant la nuit, et que le risque de moisissure sur les murs refroidis augmente aussi.

La tentation reste pourtant compréhensible. Un chauffage à l’arrêt ne coûte rien, reconnaît Perduss, avant de rappeler que l’appareil doit, le lendemain matin, réchauffer entièrement un logement ou une maison devenus complètement froids. L’économie nocturne s’évapore alors face à l’effort demandé au réveil.

Baisser à 17-18 degrés plutôt qu’éteindre

L’expert recommande à la place de réduire la température sans couper l’installation. Une chambre à 17 et 18 degrés suffit amplement, selon lui, et permet tout de même de réaliser des économies. L’avantage : l’effort de chauffe est moindre le lendemain par rapport à un logement totalement refroidi. Perduss chiffre le gain : baisser la température d’un degré fait économiser environ 6 % d’énergie de chauffage.

Un réglage programmable au niveau du chauffage central

Cette baisse nocturne peut être automatisée directement sur le régulateur de l’installation, qui réduit le fonctionnement à des horaires fixés à l’avance. Exemple de paramétrage courant : la température passe de 18 à 16 degrés une heure avant le coucher, puis remonte automatiquement une heure avant le réveil, avec la possibilité d’ajuster les horaires le week-end.

Selon le conseil en énergie des Verbraucherzentralen (centres de consommateurs allemands), cette baisse centrale permet d’économiser entre 5 % et 12 % d’énergie dans les maisons individuelles. L’effet se révèle plus limité avec des systèmes à forte inertie, comme le chauffage par le sol.

Le programme d’information Zukunft Altbau précise par ailleurs que réchauffer le logement après une phase de baisse ne consomme pas plus d’énergie que celle économisée pendant cette baisse, contrairement à une idée répandue.

Reste un détail à ne pas négliger : contrairement aux smartphones ou aux horloges radio-pilotées, la minuterie du chauffage ne se met pas toujours à l’heure automatiquement. Le passage à l’heure d’hiver, intervenu le 25 octobre 2026, a pu dérégler certains programmes sans que personne s’en aperçoive. Le matin, le décalage d’une heure passe souvent inaperçu, mais le soir, la baisse de puissance intervenant une heure trop tôt peut donner une sensation de froid inattendue.

Qui n’a pas accès à l’installation de chauffage centrale ne peut pas programmer cette baisse au niveau général. Les locataires peuvent toutefois installer des thermostats digitaux à piles sur leurs radiateurs, en remplacement des molettes classiques, pour piloter les horaires pièce par pièce. Les modèles simples se trouvent à bas prix en magasin de bricolage, tandis que les versions connectées, pilotables par application, montent jusqu’à 50 euros l’unité.

Selon les Verbraucherzentralen, l’effet d’économie reste cependant plus faible qu’une baisse centralisée, en particulier dans les grands immeubles collectifs. Les factures peuvent malgré tout diminuer avec cette méthode.

Le risque de moisissure revient aussi dans l’analyse de Norbert Endres, conseiller en énergie à la Verbraucherzentrale Bayern (association de consommateurs de Bavière), interrogé par le média Utopia. Si le logement refroidit trop fortement la nuit, prévient-il, le risque de formation de moisissures augmente. Il fixe une limite nette : la température ne devrait jamais descendre sous 16 degrés dans les pièces habitées et régulièrement utilisées.

L’Office fédéral allemand de l’environnement recommande de son côté un abaissement nocturne à 17-18 degrés, et admet une baisse de 4 à 5 degrés dans les pièces à vivre et de travail. Norbert Endres avance des chiffres proches de ceux de Ron Perduss : un abaissement d’un degré apporte 6 % d’économie, puis 5 % supplémentaires pour chacun des trois degrés suivants.

L’humidité ambiante compte tout autant que la température. Elle ne devrait pas dépasser 50 à 60 %, selon Norbert Endres, pour qui on ne maîtrise l’humidité qu’en aérant et en chauffant. Il prend l’exemple d’un couple dormant dans une chambre sans aération : la vapeur d’eau expirée et la transpiration produisent, selon lui, autant d’humidité que si l’on renversait environ un seau d’eau dans un coin de la pièce.

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