Hydrogène : Bruxelles ouvre jusqu’au 23 novembre une consultation pour revoir sa stratégie

La Commission européenne a ouvert le 26 octobre une consultation sur la future stratégie de l’Union pour l’hydrogène. Industriels, producteurs, opérateurs d’infrastructures et régulateurs peuvent contribuer jusqu’au 23 novembre 2026, alors que les projets peinent à atteindre le stade opérationnel.

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Hydrogène : Bruxelles ouvre jusqu’au 23 novembre une consultation pour revoir sa stratégie © L'EnerGeek

La Commission européenne a lancé le 26 octobre 2026 deux consultations destinées à préparer une nouvelle stratégie de l’Union européenne pour l’hydrogène. Les producteurs, industriels consommateurs, gestionnaires d’infrastructures, autorités de régulation et investisseurs ont jusqu’au 23 novembre 2026 pour faire connaître leurs observations. Bruxelles cherche notamment à lever les obstacles au développement de l’hydrogène renouvelable et bas carbone, dont la production et les usages progressent moins vite qu’attendu.

La direction générale de l’énergie de la Commission européenne présente cette démarche comme une étape préparatoire à la révision de sa stratégie adoptée en 2020. Elle entend travailler sur l’ensemble de la chaîne de valeur, depuis la production jusqu’aux débouchés industriels, en recherchant davantage de visibilité pour les investisseurs. La future stratégie doit être élaborée parallèlement au cadre européen des énergies renouvelables à l’horizon 2040.

Une consultation ouverte aux producteurs, industriels et régulateurs

Le dispositif comprend un appel à contributions général et une consultation ciblée des acteurs du secteur. Selon la page officielle de la consultation ciblée, celle-ci s’adresse notamment aux autorités publiques, autorités nationales de régulation, producteurs et utilisateurs d’hydrogène, exploitants d’infrastructures, fournisseurs de technologies, promoteurs de projets renouvelables et institutions financières. Le questionnaire est proposé en anglais, mais les réponses peuvent être remises dans toute langue officielle de l’Union.

La clôture est fixée au 23 novembre à 23 h 59, heure d’Europe centrale. Les contributions doivent alimenter les choix de la Commission sur les conditions de développement du marché, la sécurité d’approvisionnement et les usages industriels. À ce stade, l’ouverture de la consultation ne constitue ni l’adoption de la nouvelle stratégie, ni l’annonce d’une nouvelle enveloppe de subventions ou d’obligations réglementaires.

Des capacités de production encore éloignées des ambitions européennes

Les difficultés auxquelles Bruxelles souhaite répondre sont documentées. Dans son rapport de surveillance des marchés européens de l’hydrogène publié en 2025, l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie (ACER) estimait à 308 mégawatts la capacité d’électrolyse installée dans l’Union en 2024, après une progression de 51 % en un an. Ce niveau restait très inférieur à l’objectif européen de 6 gigawatts initialement envisagé pour 2024. L’agence relevait également un coût de production de l’hydrogène renouvelable environ quatre fois supérieur à celui de l’hydrogène d’origine fossile. Ces données portent sur 2024, et non sur les installations en service à l’automne 2026.

La Cour des comptes européenne avait déjà demandé, en juillet 2024, un réexamen réaliste des ambitions de production et d’importation à l’horizon 2030. Elle soulignait les incertitudes entourant la demande industrielle, les décisions d’investissement et la coordination des infrastructures. Les activités difficiles à électrifier directement, notamment certains procédés chimiques ou sidérurgiques, figurent parmi les usages pour lesquels l’hydrogène peut jouer un rôle particulier.

Le calendrier industriel au cœur des contributions

Pour les entreprises concernées, l’enjeu dépasse la seule technologie des électrolyseurs. Un projet de production suppose des acheteurs, des conditions d’approvisionnement en électricité, des installations de transport ou de stockage adaptées et un modèle économique susceptible de convaincre les financeurs. Les contributions attendues peuvent donc porter sur les difficultés rencontrées à chacune de ces étapes, ainsi que sur les règles européennes existantes.

La Commission indique vouloir articuler la nouvelle stratégie avec le cadre des énergies renouvelables pour 2040 et l’objectif climatique européen. Les arbitrages définitifs restent à venir. Dans l’immédiat, la date du 23 novembre constitue l’échéance concrète pour les acteurs qui souhaitent faire valoir leur expérience du déploiement industriel et des infrastructures hydrogène.

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