Loi Hulot : Marine Le Pen promet de rouvrir les vannes du pétrole français

Marine Le Pen a promis lors de son meeting d’Orléans le 25 octobre 2026 d’abolir la loi Hulot de 2017, qui interdit les nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures et prévoit l’arrêt progressif de l’exploitation d’ici 2040. La candidate du Rassemblement national justifie cette mesure par la volonté de valoriser les ressources nationales et de rompre avec la décroissance énergétique, malgré une production française marginale ne couvrant que 1 % de la consommation nationale.

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Prix du pétrole ce 23 octobre 2026 : Brent à 113,75 $, WTI à 100,13 $
Loi Hulot : Marine Le Pen promet de rouvrir les vannes du pétrole français © L'EnerGeek

La loi Hulot de 2017 repose sur deux mécanismes clés : l’interdiction de délivrer de nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures et l’arrêt progressif de l’exploitation d’ici 2040. Lors de son premier meeting de campagne présidentielle à Orléans le 25 octobre 2026, Marine Le Pen a promis d’abolir cette législation qu’elle juge « stupide ». Une annonce qui relance le débat sur la souveraineté énergétique française et l’avenir des 64 gisements pétroliers et gaziers encore actifs sur le territoire national.

Comment fonctionne la loi Hulot de 2017 ?

Adoptée le 30 décembre 2017 sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, la loi portée par Nicolas Hulot interdit la délivrance de nouveaux permis de recherche de pétrole et de gaz sur le territoire français. Concrètement, aucune prospection nouvelle ne peut être lancée, que ce soit en métropole ou en Outre-mer. Les entreprises pétrolières ne peuvent plus explorer de nouvelles zones potentiellement riches en hydrocarbures, même si des indices géologiques suggèrent la présence de ressources exploitables. L’objectif affiché : aligner la politique énergétique française sur les engagements climatiques internationaux et accélérer la transition vers les énergies renouvelables.

La loi Hulot prévoit un calendrier d’extinction progressive de l’exploitation des hydrocarbures. Les concessions existantes peuvent continuer à fonctionner jusqu’à leur terme, mais aucune prolongation ne sera accordée au-delà de 2040. L’horizon de vingt-trois ans devait permettre aux opérateurs d’amortir leurs investissements tout en planifiant leur sortie du secteur. Selon les données, la France compte actuellement 64 gisements pétroliers et gaziers encore actifs, répartis principalement dans deux zones géographiques majeures.

Les gisements actuellement actifs : Bassin aquitain et Bassin parisien

Les 64 gisements français se concentrent dans le Bassin aquitain, au sud-ouest, et le Bassin parisien. Malgré leur nombre, ces installations ne couvrent qu’environ 1 % de la consommation énergétique nationale en hydrocarbures. La production française demeure marginale face aux importations massives de pétrole et de gaz. Les réserves prouvées restent modestes comparées aux gisements norvégiens, britanniques ou moyen-orientaux. Toutefois, certains élus locaux, notamment en Guyane et à Mayotte, estiment que des prospections offshore pourraient révéler des ressources significatives, jusqu’ici non exploitées faute d’autorisation.

Que changerait l’abolition de la loi Hulot ?

Si Marine Le Pen accédait à la présidence et abrogeait la loi Hulot, les entreprises pétrolières pourraient déposer de nouvelles demandes de permis de recherche. Néanmoins, le processus administratif reste long : études d’impact environnemental, consultations publiques, validation par les autorités compétentes. Entre le dépôt d’une demande et le premier forage exploratoire, plusieurs années s’écoulent généralement. La candidate du Rassemblement national justifie sa position par la volonté de « valoriser toutes nos ressources, naturelles ou industrielles, et rompre avec la logique de décroissance, cette décroissance énergétique, industrielle qui entraîne la France vers le sous-développement et finalement la ruine économique », selon ses déclarations rapportées par Sud Ouest.

L’impact immédiat sur le mix énergétique français resterait limité. Même en cas de découverte de nouveaux gisements, la production nationale ne pourrait couvrir qu’une fraction de la demande. La France consomme environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, alors que sa production actuelle dépasse à peine 16 000 barils quotidiens. Relancer l’exploration pourrait toutefois réduire marginalement la dépendance aux importations et générer des revenus fiscaux pour l’État. L’argument de la souveraineté énergétique, mis en avant par Marine Le Pen, se heurte néanmoins à la réalité géologique : la France n’a jamais été un producteur majeur d’hydrocarbures et ne dispose pas de réserves comparables à celles de la mer du Nord ou du golfe Persique.

Enjeux énergétiques spécifiques : Guyane et Mayotte

La Guyane concentre les espoirs les plus importants en matière d’hydrocarbures offshore. Des études géologiques antérieures ont identifié des structures prometteuses au large du plateau continental guyanais. Le sénateur Georges Patient a déposé en janvier 2026 une proposition de loi visant à autoriser la recherche d’hydrocarbures en Guyane et à Mayotte. Adoptée au Sénat, elle a été rejetée à l’Assemblée nationale en juin 2026, illustrant les divisions politiques sur le sujet. Les élus locaux guyanais plaident pour l’exploration en invoquant le développement économique régional, la création d’emplois et la réduction de la précarité énergétique.

Canal du Mozambique : ressources et complexité géopolitique

À Mayotte, les élus réclament régulièrement des prospections dans le canal du Mozambique, zone maritime stratégique où des gisements de gaz ont été découverts au large du Mozambique continental. Toutefois, l’exploitation dans cette région soulève des questions géopolitiques complexes. Les eaux territoriales françaises autour de Mayotte sont contestées par les Comores, qui revendiquent la souveraineté sur l’île. Toute tentative d’exploration pourrait raviver les tensions diplomatiques. Par ailleurs, le canal du Mozambique abrite des routes maritimes vitales et des écosystèmes fragiles, notamment des récifs coralliens et des populations de mammifères marins menacés.

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