Face à la hausse du prix de l’électricité, un procédé baptisé « lampe de Moser » permet d’éclairer naturellement une pièce grâce à une bouteille en plastique transparente remplie d’eau, installée à travers le toit. Une partie du récipient reste à l’extérieur, exposée au soleil, tandis que l’autre pointe vers l’intérieur de la pièce à éclairer, explique OkDiario.
Le principe repose sur la réfraction : quand les rayons solaires traversent l’eau contenue dans la bouteille, ils changent de direction et se dispersent dans la pièce. L’effet permet de répartir la clarté sur une surface plus large que celle qu’éclairerait un simple petit point d’entrée de lumière. Chambres, couloirs ou constructions mal pourvues en fenêtres peuvent ainsi recevoir, en journée, une quantité non négligeable de lumière naturelle, sans ampoule ni consommation électrique.
Le choix de la bouteille et les règles d’étanchéité
Le détail qui fait la différence tient à la matière du récipient : il faut une bouteille en plastique PET transparente. Elle ne produit pas de lumière et ne stocke aucune énergie, elle se contente d’exploiter le rayonnement solaire et de le diffuser grâce à sa forme.
L’installation suppose quelques précautions. L’ouverture pratiquée dans le toit doit être adaptée à la taille du récipient, qui doit rester stable une fois en place. Les bords doivent ensuite être scellés avec soin pour empêcher toute infiltration d’eau, en particulier pendant les épisodes de pluie.
Certaines versions ajoutent à l’eau une petite quantité de chlore ou d’eau de javel pour retarder l’apparition d’algues, à condition que la bouteille reste fermée et que la dose reste modérée.
Percer une toiture n’est pas un geste anodin. Un scellage déficient peut provoquer des infiltrations et de l’humidité, et intervenir sur certains types de toits sans en connaître la structure peut causer des dommages plus importants que prévu. Il est recommandé de vérifier l’état et la résistance de la couverture avant toute intervention, et de consulter un professionnel dès qu’un risque pèse sur l’imperméabilisation ou la sécurité du bâtiment.
La limite du système tient à sa dépendance totale au soleil : la lampe de Moser éclaire le jour, mais ne remplace en rien une source électrique une fois la nuit tombée.
Un mécanicien brésilien à l’origine du procédé
La technique a été mise au point au début des années 2000 par Alfredo Moser, un mécanicien d’Uberaba, au Brésil, à une époque où certaines régions du pays connaissaient des difficultés d’approvisionnement électrique. Son idée : introduire de la lumière naturelle dans des espaces qui restaient sombres en plein jour, à partir d’une simple bouteille transparente réutilisée et remplie d’eau.
Le système a d’abord gagné en popularité au Brésil, avant d’être repris dans des projets communautaires d’éclairage ailleurs, comme alternative à bas coût pour les lieux à accès limité à l’électricité. Sa diffusion internationale s’est accélérée en 2011, quand la fondation MyShelter Foundation a intégré le concept à son programme Liter of Light aux Philippines, dans l’objectif d’améliorer l’éclairage des logements avec des matériaux faciles à trouver et à réutiliser.
Le faible coût d’installation, la réutilisation de bouteilles en plastique et la facilité de reproduction du dispositif ont favorisé sa diffusion ailleurs. Selon différentes références de l’UNESCO, ce type de projets existe dans plus de 30 pays.
Reste que l’utilité de la lampe de Moser dépend directement de la quantité de rayonnement solaire disponible, et d’une installation qui ne compromette pas l’étanchéité du toit.






