Le 14 septembre 2026, Kingo Hayashi et Satoru Katsuno, président et président du conseil d’administration de Chubu Electric Power, ont démissionné. Cette décision fait suite à un scandale de falsification de données sismiques utilisées pour évaluer la sécurité de la centrale nucléaire de Hamaoka. L’opérateur a également retiré ses demandes de redémarrage pour deux réacteurs dans cette zone à haut risque sismique.
Démissions chez Chubu Electric Power après un rapport accablant
La publication d’un rapport indépendant de 250 pages, le 14 septembre, a précipité la démission des deux dirigeants. Ce document établit les responsabilités dans la sous-évaluation des risques sismiques présentés aux autorités. Kingo Hayashi a exprimé « un lourd sentiment de responsabilité et un profond remords« , reconnaissant les graves manquements de l’entreprise.
Occupant les plus hautes fonctions de Chubu Electric Power, Hayashi et Katsuno ont quitté leurs postes en réaction aux révélations. Un lanceur d’alerte avait, dès février 2025, signalé des écarts significatifs entre les données internes et celles transmises officiellement, ce qui a conduit à la suspension du processus d’examen par le régulateur japonais en décembre 2024.
Manipulation de données sismiques : enjeux techniques critiques
L’évaluation du « mouvement sismique maximal en surface » est essentielle pour la conception parasismique des installations nucléaires. Les données de Chubu Electric Power sous-estimaient l’amplitude des secousses potentielles à Hamaoka, compromettant la fiabilité des systèmes de protection. La centrale est située dans la fosse de Nankai, une zone à haut risque géologique où un séisme majeur est redouté.
Les ingénieurs utilisent cette mesure pour dimensionner les infrastructures critiques. Une sous-estimation pourrait signifier une résistance insuffisante face à un séisme réel. Le rapport souligne que des pressions internes ont influencé ces manquements, révélant un conflit entre sécurité et calendrier de redémarrage.
Conséquences sur la politique de relance nucléaire au Japon
Après Fukushima en 2011, le Japon avait arrêté tous ses réacteurs. Le pays cherche à les relancer pour réduire sa dépendance aux énergies fossiles importées et répondre à une demande croissante, notamment liée à l’essor de l’intelligence artificielle. D’autres projets de relance nucléaire sont en cours, mais le scandale de Hamaoka pourrait freiner ces efforts.
Chubu Electric Power a retiré ses demandes de redémarrage pour deux réacteurs, entraînant un retard de plusieurs années. La réévaluation des études sismiques et leur approbation par le régulateur coûteront des centaines de millions de dollars, affectant aussi la production électrique.
Le gouvernement japonais compte sur le nucléaire pour atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Chaque réacteur arrêté ou retardé oblige à maintenir en activité des centrales thermiques, complexifiant l’équation énergétique nationale. Le Japon doit équilibrer vitesse de redémarrage et rigueur des contrôles de sûreté.
Renforcement de la régulation après le scandale
Kingo Hayashi a déclaré vouloir promouvoir une culture organisationnelle plaçant la sécurité au premier plan. Le régulateur japonais doit tirer les leçons de cet épisode pour renforcer la vérification indépendante des données des opérateurs. Le rôle des lanceurs d’alerte est crucial : sans l’intervention de février 2025, les données falsifiées auraient pu servir de base à un redémarrage.
La démission des dirigeants de Chubu Electric Power marque un tournant pour le secteur nucléaire japonais. Au-delà des responsabilités individuelles, l’objectif est de rétablir la confiance entre opérateurs, régulateurs et population. La centrale de Hamaoka, symbole de ce dilemme entre exigences énergétiques et risques géophysiques, illustre les défis du Japon pour concilier sécurité nucléaire et transition énergétique.






