Disparu de l’État de Rio de Janeiro depuis plus de cent ans, chassé jusqu’à l’extinction locale et privé de son habitat, le tapir sud-américain a fait sa réapparition dans la région, confirme Cronista. Selon les informations communiquées par la Reserva Ecológica de Guapiaçu (REGUA), 11 spécimens sont, au 10 septembre 2026, libérés dans la réserve. Trois petits y sont déjà nés, preuve que l’espèce s’y reproduit désormais sans intervention humaine.
Le programme de réintroduction a débuté en 2017. Les animaux ont d’abord traversé une période d’adaptation contrôlée avant d’être relâchés dans la nature. L’objectif n’était pas seulement de ramener l’espèce sur ce territoire, mais de vérifier qu’elle pouvait s’y établir et s’y reproduire par ses propres moyens. Les naissances enregistrées dans la zone protégée valident ce pari.
Une forêt reconstituée arbre par arbre
Ce retour n’a rien d’un hasard. La réserve REGUA a été fondée en 2001 par Nicholas et Raquel Locke, sur une ancienne propriété rurale de Rio de Janeiro autrefois vouée à l’élevage bovin. Depuis, environ 840 000 arbres natifs y ont été plantés, transplantés depuis une pépinière dans les anciens champs où paissait le bétail.
Environ 607 hectares de pâturages dégradés, de zones humides et de fragments forestiers ont ainsi été restaurés, reconnectant des milieux que l’activité d’élevage avait isolés les uns des autres.
La réserve et ses environs protègent, au 10 septembre 2026, près de 12 000 hectares de Mata Atlântica, la forêt atlantique brésilienne. Plus de 460 espèces d’oiseaux y ont été recensées, et la zone abrite au total des centaines d’espèces animales qui trouvent dans cette végétation reconstituée nourriture et refuge.
Le tapir n’est pas un simple bénéficiaire de cette restauration. Il en devient aussi un acteur. L’animal se nourrit de fruits et parcourt de vastes étendues de forêt ; en se déplaçant, il disperse par ses excréments des graines susceptibles de germer ailleurs dans la réserve. Cette dispersion favorise à son tour la régénération de la végétation, dans des secteurs que la seule plantation humaine n’atteindrait pas aussi efficacement.
En un peu plus de deux décennies, une propriété marquée par les conséquences de l’élevage intensif s’est transformée en un environnement protégé capable d’accueillir des centaines d’espèces et de permettre le retour d’un animal que la chasse et la déforestation avaient rayé de la carte régionale. Trois petits tapirs, nés libres dans cette forêt reconstituée, en portent, au 10 septembre 2026, la trace la plus concrète.






