Depuis février 2026, la fermeture du Détroit d’Ormuz, conséquence de la guerre américaine en Iran, a interrompu 30 % du flux pétrolier maritime mondial. En Californie, cinq stations affichent désormais 9,999 dollars par gallon de diesel, atteignant ainsi le plafond technique de leurs écrans numériques. Cependant, le véritable enjeu réside dans le fait que le système énergétique mondial fonctionne désormais à sa capacité maximale.
La fermeture du Détroit d’Ormuz : quand la géopolitique frappe les pompes
Le 9 septembre 2026, Patrick De Haan, chef de l’analyse pétrolière chez GasBuddy, a observé ce phénomène inédit. Selon Fortune, cinq stations en Californie ont atteint le maximum que leurs pompes numériques standard à quatre chiffres peuvent afficher. Au-delà de 9,999 dollars, les systèmes sont incapables d’afficher des prix plus élevés, illustrant ainsi que les infrastructures pétrolières n’avaient jamais anticipé de tels niveaux de prix.
Le Détroit d’Ormuz est un passage maritime crucial, avec environ 21 millions de barils de pétrole brut y transitant chaque jour. Sa fermeture depuis le début du conflit iranien a retiré un tiers de l’approvisionnement maritime mondial. Pour compenser, les raffineries américaines fonctionnent à 98 % de leur capacité, mais cette situation est insoutenable à long terme. Les stocks stratégiques diminuent rapidement.
De février 2026 à septembre : escalade militaire et pénurie en cascade
L’attaque américaine contre l’Iran en février 2026 a rapidement provoqué une escalade. Dès mars, une station à Fenner affichait 9,69 dollars pour l’essence ordinaire. En mai, une station Chevron à Los Angeles atteignait 8,89 dollars pour le diesel. Actuellement, le prix moyen du diesel en Californie est de 7,76 dollars par gallon, soit une augmentation de 2,81 dollars en un an. Patrick De Haan a déclaré à Fortune : « Il n’y a vraiment aucun signe d’amélioration. Il y a davantage de signes d’escalade. Nous allons dans la mauvaise direction. »
Les chiffres d’une crise structurelle, pas conjoncturelle
La moyenne nationale du diesel a atteint le record historique de 5,87 dollars par gallon, surpassant le précédent sommet de 5,81 dollars de juin 2022. Selon The Independent, la Californie connaît une augmentation hebdomadaire de 0,55 dollar, une tendance insoutenable pour les consommateurs et les entreprises de transport. Le secteur agricole, en pleine saison de récolte, repose largement sur le diesel pour faire fonctionner ses machines, entraînant des répercussions directes sur les prix alimentaires.
Les raffineries américaines tournent à plein régime, atteignant un taux d’utilisation de 98 %, ce qui ne laisse aucune marge pour absorber une panne ou une nouvelle perturbation géopolitique. Historiquement, un tel niveau d’exploitation signale une tension extrême. La moindre défaillance pourrait provoquer une rupture d’approvisionnement locale, aggravant encore la flambée des prix dans des régions déjà fragilisées comme la Californie du Sud.
Le gouvernement américain a autorisé la libération de 172 millions de barils de la Réserve Stratégique de Pétrole pour tenter de stabiliser les marchés. Selon AOL, les stocks sont maintenant réduits à 285,4 millions de barils, leur niveau le plus bas en 44 ans. Cette ponction compromet gravement la capacité américaine à répondre à une future crise énergétique. Malgré les promesses de Donald Trump de voir les prix du pétrole chuter après les élections, la réalité géopolitique échappe à ces déclarations.
Au-delà de 9,999 dollars : les vraies questions énergétiques
Ce plafond d’affichage rappelle 2008, lorsque les pompes mécaniques ne pouvaient pas dépasser 3,99 dollars par gallon. Les exploitants avaient alors dû moderniser leurs équipements à grands frais. Aujourd’hui, selon 247wallst.com, la Division californienne de la Surveillance du Marché Pétrolier a ouvert une enquête sur les prix excessifs à Los Angeles et San Bernardino, ciblant les cinq grands raffineurs de l’État. Pourtant, le problème va bien au-delà d’une simple question réglementaire locale.






