Des chercheurs chinois ont mis au point une intelligence artificielle capable de repérer les avions furtifs américains F-22 et F-35 à partir de leur seule signature thermique. Intégré à des systèmes d’imagerie infrarouge embarqués sur des missiles air-air, ce système aurait atteint jusqu’à 97,1 % de précision lors des premiers essais menés en laboratoire.
Les travaux ont été conduits par l’Institut de technologie de Pékin et l’Académie chinoise des missiles aéroportés. Leur auteur principal, An Jiangshan, en a détaillé le fonctionnement lors d’un entretien accordé au site Interesting Engineering, jeudi 13 août 2026.
Distinguer un avion d’un leurre en quelques millisecondes
Le modèle a été entraîné sur 3 245 images infrarouges issues d’un système de balayage embarqué sur missile. Son rôle est de trancher, en quelques millisecondes, entre un véritable appareil et un leurre comme une fusée éclairante. Un missile équipé d’un capteur thermique peut en effet détecter la chaleur émise par un avion, notamment via son moteur, y compris lorsqu’un radar classique ne parvient à rien capter.
C’est précisément cette faille que la Chine cherche à exploiter. Les F-22 et F-35 sont conçus pour échapper aux radars, mais ils ne parviennent pas à effacer entièrement leur trace thermique.
Reste que faire tourner une IA classique à bord d’un missile pose un problème concret : ces systèmes sont trop gourmands en puissance et en espace. L’équipe chinoise a donc réduit son modèle à seulement 16,1 % du nombre de paramètres des méthodes précédentes, tout en ramenant les besoins de calcul à 19,2 %.
Résultat lors des essais matériels : 96,4 % de précision, chaque image traitée en environ 1,5 milliseconde, pour une consommation électrique d’à peine 2,2 watts.
Une autre série d’essais a donné une précision plus modeste, autour de 90 %.
L’avancée reste toutefois à relativiser. Les tests n’ont pas été réalisés contre de vrais F-22 ou F-35, mais contre des cibles simulées. An Jiangshan l’a d’ailleurs reconnu sans détour dans son entretien : les détails des expériences « ne peuvent pas être divulgués ». Autrement dit, rien ne garantit à ce stade que les missiles chinois soient réellement capables de traquer les appareils américains en conditions réelles.
Les chercheurs disent vouloir encore affiner leur modèle et étudier s’il pourrait s’appliquer à d’autres types de missiles que les fusées air-air à courte portée testées jusqu’ici.





