Conflit dans le détroit d’Ormuz, Trump renouvelle encore une fois une dérogation maritime pour faire face à la montée des prix du pétrole

Le baril flirte avec les 90 dollars, un cargo canonné en pleine mer, et Trump rebat les cartes du Jones Act. Pourquoi cette prolongation change tout pour l’approvisionnement américain ?

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Conflit dans le détroit d'Ormuz, Trump renouvelle encore une fois une dérogation maritime pour faire face à la montée des prix du pétrole
Conflit dans le détroit d’Ormuz, Trump renouvelle encore une fois une dérogation maritime pour faire face à la montée des prix du pétrole © L'EnerGeek

Donald Trump a prolongé, lundi 10 août 2026, pour trois mois supplémentaires une dérogation qui permet à des navires étrangers d’assurer des liaisons maritimes entre ports américains. La décision est signée à un moment où les cours du brut s’envolent, portés par les tensions dans le détroit d’Ormuz.

La porte-parole de la Maison Blanche, Taylor Rogers, a justifié cette prolongation par la nécessité de garantir un accès ininterrompu aux ressources essentielles pour l’armée et les industries clés du pays. Elle affirme que la suspension a déjà permis une hausse significative des livraisons domestiques de produits essentiels tels que les carburants.

Cette nouvelle mouture s’accompagne toutefois de restrictions inédites : selon Bloomberg, les demandes envoyées par des armateurs étrangers feront désormais l’objet d’une étude au cas par cas, et les navires concernés devront se limiter au transport d’énergie.

Cette dérogation touche le Jones Act, une loi vieille de plus d’un siècle qui oblige en théorie les transporteurs maritimes à utiliser des navires construits aux États-Unis et possédés par des Américains pour les liaisons entre deux ports du pays.

Sa suspension, décidée une première fois le 18 mars 2026 puis prolongée le 24 avril, visait notamment à faciliter les livraisons entre les pôles de production pétrolière du golfe du Mexique et les raffineries de la côte est. Il s’agit désormais de la deuxième prolongation.

Le pétrole sous tension depuis les frappes contre l’Iran

Le baril de WTI pour livraison en septembre s’échangeait, lundi 10 août, à près de 82 dollars, en hausse de plus de 4 %. Cette flambée s’inscrit dans une trajectoire chaotique amorcée le 28 février 2026, date des premières frappes israélo-américaines contre l’Iran.

Téhéran avait alors annoncé la fermeture du détroit d’Ormuz, par où transitent près de 20 % des hydrocarbures mondiaux, propulsant le WTI d’environ 65 dollars la veille du conflit à près de 113 dollars début avril.

Un cessez-le-feu et l’engagement de négociations entre Washington et Téhéran avaient ensuite provoqué une détente. Mais une reprise des hostilités en juillet 2026 a fait remonter les prix au-delà de 90 dollars.

Le vice-président JD Vance a résumé, dans un entretien sur Fox News, ce basculement des priorités américaines : « L’objectif numéro un, faire en sorte que le pétrole et l’essence restent bon marché pour les Américains », le programme nucléaire iranien devenant selon lui l’objectif numéro deux. Ses propos confirment l’approche plus attentiste privilégiée par Trump, misant sur la pression économique plutôt que sur de nouvelles frappes.

Sur le terrain, le blocus américain des ports iraniens, remis en place le 14 juillet 2026, continue de produire des incidents. Mardi 11 août, l’armée américaine a tiré deux missiles depuis un hélicoptère sur la salle des machines d’un cargo battant pavillon du Panama, le Vela Nova, qui tentait de s’approcher d’un port iranien après avoir ignoré les avertissements. Depuis la remise en place du blocus, les forces américaines affirment avoir déjà redirigé 55 navires.

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