L’annonce intervient dans un contexte de remontée des prix de l’énergie. Sobry, fournisseur d’électricité à tarification dynamique, et Zendure, fabricant de systèmes de gestion énergétique, proposent désormais aux particuliers d’acheter et de stocker l’électricité aux heures creuses pour la consommer pendant les pics tarifaires. Le dispositif repose sur une batterie domestique pilotée par intelligence artificielle et un contrat d’électricité indexé sur les prix du marché de gros européen EPEX SPOT. Selon les deux entreprises, un foyer de quatre personnes équipé de panneaux solaires pourrait économiser jusqu’à 625 euros par an, contre 360 euros sans installation photovoltaïque.
Le principe n’a rien de révolutionnaire. Il reproduit à l’échelle domestique ce que font déjà les grands sites industriels depuis des années : arbitrer entre les moments où l’électricité est abondante, donc peu chère, et ceux où la demande explose, faisant grimper les prix. Sur le marché de gros, les écarts peuvent être considérables. En milieu d’après-midi, lorsque la production solaire bat son plein, le prix du mégawattheure peut tomber à quelques dizaines d’euros. Le soir, quand tout le monde rentre chez soi et allume chauffage, plaques de cuisson et télévisions, il peut tripler.
Un système automatisé
Le dispositif proposé par Sobry et Zendure repose sur un système baptisé HEMS (Home Energy Management System), qui reçoit chaque jour les prévisions de prix communiquées par le fournisseur. L’agent IA de Zendure, nommé ZENKI, croise ensuite ces données avec le niveau de charge de la batterie, les habitudes de consommation du foyer et, le cas échéant, les prévisions de production solaire. Il décide alors automatiquement quand charger la batterie, quand puiser dedans, quand consommer directement depuis le réseau. L’utilisateur n’a, en théorie, rien à faire.
La batterie Zendure SolarFlow 2400 AC+ est proposée à 1 079 euros TTC. Pour un foyer sans panneaux solaires, l’économie annuelle annoncée est de 360 euros. Autrement dit, il faudrait environ trois ans pour amortir l’investissement. Pour un foyer équipé de panneaux, le retour sur investissement serait plus rapide, en un peu moins de deux ans si les 625 euros d’économies se confirment.
Un modèle qui fonctionne ailleurs
Sobry et Zendure s’appuient sur l’exemple allemand, où les batteries domestiques, surnommées « balcony batteries », se sont largement diffusées, y compris en appartement. Mais l’Allemagne a une longueur d’avance sur la France en matière de tarification dynamique et d’autoconsommation solaire. Le cadre réglementaire y est plus favorable, les incitations fiscales plus généreuses, et la culture de l’autonomie énergétique plus ancrée. En France, le marché de la batterie domestique reste embryonnaire, et la majorité des particuliers ne connaissent même pas l’existence de tarifs indexés sur le marché de gros.
Le communiqué insiste sur l’impact environnemental du dispositif. En s’effaçant du réseau aux heures de pointe, les foyers équipés contribueraient à réduire les émissions de CO2, puisque les centrales mobilisées en dernier recours sont souvent les plus polluantes. L’argument tient la route, mais il suppose que les batteries soient rechargées avec de l’électricité décarbonée. Si elles se chargent la nuit, quand la production solaire est nulle et que le nucléaire tourne déjà à plein régime, le gain environnemental sera faible. Si elles se chargent en milieu de journée avec du solaire excédentaire, le bilan sera meilleur.
Reste que le modèle proposé par Sobry et Zendure pose une question de fond. Jusqu’à présent, la péréquation tarifaire permettait à tous les Français de payer le même prix, quelle que soit l’heure de consommation. Avec la tarification dynamique, ceux qui peuvent investir dans une batterie et optimiser leur consommation paieront moins cher. L’offre est disponible dès maintenant via l’application Zendure. Les utilisateurs peuvent souscrire directement, sans passer par un installateur.





