Les électriciens et gaziers menacent de couper le courant : leur « tarif agent » sur l’énergie pourrait disparaître et la colère monte dans les rangs

300 000 foyers menacés de perdre leur ristourne énergie : électriciens et gaziers montent au créneau et brandissent la grève en pleine vacances. Jusqu’où ira ce bras de fer avec Matignon ?

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Les électriciens et gaziers menacent de couper le courant : leur « tarif agent » sur l'énergie pourrait disparaître et la colère monte dans les rangs
Les électriciens et gaziers menacent de couper le courant : leur « tarif agent » sur l’énergie pourrait disparaître et la colère monte dans les rangs © L'EnerGeek

Le gouvernement envisage de rogner un avantage historique des salariés de l’électricité et du gaz, et le monde syndical prévient : ce sera la grève. Quatre fédérations, CGT, CFE-CGC, CFDT et FO, ont écrit au Premier ministre Sébastien Lecornu pour lui demander de renoncer à toucher au « tarif agent », cette ristourne sur la facture d’énergie qui bénéficie à 300 000 personnes, salariés en activité, retraités, veufs et veuves d’agents des industries électriques et gazières.

Dans leur courrier, les fédérations ne mâchent pas leurs mots : « Nous vous demandons, Monsieur le Premier ministre, de renoncer à cette remise en cause de l’avantage en nature énergie des salariés des IEG. À défaut, nous saurons nous mobiliser, avec l’ensemble des électriciens et gaziers, pour mettre fin à cette attaque de leur contrat social. »

La menace n’est pas restée sans suite. La CFE-CGC Energies, premier syndicat d’EDF SA, a adressé le mercredi 15 juillet un préavis de grève à son PDG Bernard Fontana, à effet à compter du 21 juillet, une information rapportée par BFMTV. Une intersyndicale doit se réunir vendredi après-midi pour arrêter les modalités de la mobilisation. Le mot d’ordre circule déjà chez les salariés : « Pas touche au tarif agent ».

Une mise en demeure de la Cour des comptes à l’origine du projet

Le ministère de l’Énergie a expliqué à l’AFP l’origine de cette réflexion : le gouvernement a reçu « une mise en demeure de la Cour des comptes » pour se « mettre en conformité sur la valorisation de cet écart […] entre ce tarif et la valeur réelle de l’énergie ». Le ministère assure toutefois qu’aucune décision définitive n’a été prise à ce stade.

Le « tarif agent » remonte à la nationalisation de l’électricité et du gaz au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il s’applique sans limite de consommation, sur les résidences principales comme secondaires, avec exonération d’abonnement, et concerne aujourd’hui les salariés et retraités d’EDF, Enedis, GRDF et Engie, entre autres entreprises issues des opérateurs historiques. En 2019, la Cour des comptes en avait chiffré le coût à 295 millions d’euros.

Pour les représentants du personnel, il ne s’agit pas d’une simple réduction sur facture mais d’une composante à part entière du statut particulier des industries électriques et gazières, justifiée par des métiers marqués par les astreintes et les interventions sur les réseaux.

L’interfédérale a dénoncé une « provocation » qui tomberait « à la veille des départs en vacances », et rappelle qu’elle survient l’année même où l’on célèbre les 80 ans d’EDF. Les syndicats évoquent un « engagement sans faille » des électriciens et des gaziers face aux tempêtes, aux inondations, aux canicules, aux feux de forêt, ou pour garantir la souveraineté et la sécurité énergétiques du pays, malgré des infrastructures fragiles.

Les syndicats appellent d’ores et déjà à la mobilisation, sans attendre l’arbitrage définitif de l’exécutif sur le fonctionnement futur du dispositif, pour éviter une coupure d’électricité similaire à celle survenue en Tunisie.

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