L’énergie solaire occupe une place de plus en plus grande dans le système électrique américain. En mai 2024, elle a dépassé pour la première fois la production du charbon aux États‑Unis, un signe de plus de la transition énergétique. Selon Ember, le solaire a fourni 12,8 % de la production électrique nationale, juste devant les 12,2 % du charbon. Il devient ainsi la troisième source d’électricité du pays, derrière le gaz naturel et le nucléaire. Cette progression vient d’une décennie d’innovations techniques et de politiques favorables aux énergies propres.
Le solaire explose… et pose des questions
En 2026, le solaire associé au stockage par batteries représente 91 % de toutes les nouvelles capacités installées au premier trimestre, d’après la Solar Energy Industries Association (SEIA). Cette tendance dure depuis cinq ans.
Cette montée rapide a aussi des effets secondaires. Aux heures de fort ensoleillement, la production dépasse parfois la demande et le prix de l’électricité tombe à zéro, voire en dessous. L’Espagne l’a constaté en 2025, avec 800 heures de prix nuls ou négatifs.
Selon BloombergNEF (BNEF), 2026 pourrait marquer un ralentissement des nouvelles installations, et peut‑être la première baisse en vingt ans. Après un déploiement record de 112 GW et 307 GWh en 2025, BNEF table malgré tout sur une hausse de 41 % en 2026, soit 158 GW et 459 GWh.
Que disent les prévisions et les chiffres économiques
À long terme, les prévisions restent favorables. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime qu’à l’horizon 2030, près de 45 % de l’électricité mondiale viendra de sources renouvelables. Elle pointe le potentiel inexploité de l’énergie solaire.
Dans un scénario de neutralité carbone, la capacité solaire pourrait atteindre 30,8 TW, soit une croissance de 900 % par rapport aux 3 TW actuels. Les véhicules électriques et les centres de données portent désormais une bonne part de cette demande. BNEF estime que ces centres consommeront 1 114 TWh d’ici 2035, ce qui exigerait entre 250 et 450 GW de capacité solaire supplémentaire.
Politique, investissements et enjeux du marché
Sur le plan politique, l’administration Trump a multiplié les mesures de soutien à l’industrie du charbon, malgré le déclin de la filière. Elle a annoncé près de 644 M€ d’investissement pour renforcer les centrales à charbon, au nom de la sécurité nationale et du contrôle de l’approvisionnement énergétique.
Pour autant, comme le résume Martin Pochtaruk, PDG de Heliene, « les investisseurs placeront leur argent là où ils obtiendront le meilleur retour », et aujourd’hui le solaire passe pour « le combustible à la croissance la plus rapide ».
Il reste beaucoup à faire, à commencer par le stockage de l’énergie. Pour Jenny Chase, de BNEF, ce secteur conditionne la prochaine étape du solaire : sans infrastructure adaptée, impossible de gérer la production intermittente de cette énergie.






