Éolien : le projet de parc de Dieppe-Le Tréport lancé

Le parc éolien offshore de Dieppe-Le Tréport franchit une étape décisive avec l’installation de sa première turbine le 11 juin 2026. Porté par Ocean Winds, le projet prévoit le déploiement de 62 éoliennes de 8 MW d’ici la fin de l’année, pour une capacité totale de 496 MW destinée à alimenter 850 000 personnes.

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Éolien : le projet de parc de Dieppe-Le Tréport lancé © L'EnerGeek

Éolien en mer : la première turbine du parc de Dieppe-Le Tréport prend position

Le parc éolien offshore de Dieppe-Le Tréport franchit une étape déterminante avec l’installation de sa première turbine, survenue le 11 juin 2026. Après neuf heures de transfert depuis le port du Havre, le mât, la nacelle et les pales fabriquées par l’usine Siemens Gamesa ont été assemblés en mer par le Vole au Vent, navire auto-élévateur de 140 mètres battant pavillon luxembourgeois. Cette réalisation marque le commencement concret d’un projet qui doit alimenter en électricité l’équivalent de 850 000 personnes, soit environ deux tiers de la population de Seine-Maritime, d’ici la fin de l’année.

Ocean Winds, porteur du projet à travers la société Éoliennes en Mer Dieppe-Le Tréport (EMDT), a annoncé officiellement cette première installation le 15 juin. La turbine SG 8.0-167, développée par Siemens Gamesa et dotée d’une puissance unitaire de 8 MW, constitue la première des 62 machines qui composeront à terme une infrastructure de 496 MW. L’ensemble des éoliennes devrait être déployé d’ici septembre 2026, à condition que les conditions météorologiques demeurent favorables.

Un chantier maritime mobilisant des moyens techniques considérables

Le navire installateur Vole au Vent, exploité par l’armement Jan de Nul, joue un rôle central dans cette phase de construction. Équipé d’une grue capable de lever des charges atteignant 1 500 tonnes, l’appareil mesure 140,4 mètres de longueur sur 41 mètres de largeur. Il dispose de quatre troncs lui permettant de résister aux vagues et aux vents violents du large, conditions fréquentes au large des côtes normandes. Selon Mer et Marine, ce jack-up peut charger simultanément les composants de quatre éoliennes complètes par voyage, soit quatre mâts, quatre nacelles et douze pales.

L’installation en mer s’effectue en plusieurs phases successives. Une fois positionné sur le site au large de Dieppe, le navire élève ses troncs pour stabiliser sa plateforme de travail au-dessus du niveau de la mer. Les équipes procèdent ensuite au montage vertical : d’abord le mât, préalablement assemblé au Havre, puis la nacelle contenant l’ensemble des mécanismes de production électrique, enfin les trois pales dont le diamètre total de rotation atteint 167 mètres. Chaque turbine doit faire face à une série d’épreuves techniques avant d’être raccordée au réseau et de commencer à injecter ses premiers électrons.

Une chaîne industrielle française et européenne

La fabrication des composants mobilise plusieurs sites industriels européens. Les nacelles sortent intégralement de l’usine Siemens Gamesa du Havre. Pour les pales, deux tiers proviennent également de cette même unité havraise, tandis que le tiers restant a été fabriqué en Chine afin de répondre aux problématiques de développement de Siemens Gamesa tout en tenant compte des délais de réalisation du parc. Les tronçons de mâts, quant à eux, sont produits à Bilbao en Espagne, puis équipés à Brest avant leur assemblage final au Havre, d’où ils sont acheminés vers le site d’installation maritime.

Cette organisation logistique complexe illustre l’interdépendance des territoires dans les projets d’éolien offshore. Le port du Havre joue un rôle de plateforme stratégique, regroupant les opérations de fabrication, d’assemblage et d’expédition. L’ensemble de la chaîne industrielle génère des emplois locaux et contribue au développement des compétences françaises dans le domaine des énergies marines renouvelables, secteur en forte expansion en Europe.

État d’avancement du chantier et infrastructures sous-marines

Outre l’installation de cette première turbine, le chantier affiche un rythme soutenu sur l’ensemble de ses volets. Selon EMDT, 54 fondations sur les 62 nécessaires étaient déjà installées à la mi-juin 2026. Par conséquent, il reste 51 fondations d’éoliennes en mer à poser au large de Dieppe pour achever cette phase cruciale du projet. Les fondations, plantées dans les fonds marins, assurent la stabilité de chaque mât face aux contraintes mécaniques exercées par les vents et les courants.

Parallèlement, une première campagne d’installation des 90 kilomètres de câbles inter-éoliennes devait s’achever fin juin. Ces câbles raccordent les machines entre elles et les relient à la sous-station électrique offshore. Une deuxième campagne de câblage commencera en septembre pour finaliser l’ensemble du réseau interne au parc. La sous-station, fabriquée par Chantiers de l’Atlantique, a été installée durant l’été 2025. Le système de raccordement, livré par Nexans à RTE en début d’année 2026, permet d’acheminer l’électricité produite vers le réseau terrestre.

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