Un événement inédit se déroule au large du Portugal : la remontée de l’ancien câble sous-marin en fibre optique TAT-8 depuis le fond de l’océan, après plus de 20 ans d’abandon, rapporte Presse Citron. C’est à la fois une opération de recyclage de ressources précieuses et une manière de libérer de la place pour de futures infrastructures Internet. Témoignage technique et historique d’une époque où la connectivité Internet commençait à transformer les communications mondiales, le TAT-8 reprend du service, avec de nouvelles ambitions.
Un câble pionnier qui a tout changé
Le TAT-8 est notable : c’était le premier câble transatlantique à utiliser la fibre optique. Inauguré le 14 décembre 1988, il a remplacé le cuivre classique par des impulsions lumineuses circulant dans des fibres de verre, une forme de transmission optique. Le câble était composé de matériaux comme du cuivre de haute qualité, de l’acier et d’une gaine en polyéthylène, et a ouvert une nouvelle ère pour la transmission de données entre continents.
Lors de l’inauguration, l’écrivain Isaac Asimov a décrit le réseau comme « un voyage inaugural à travers la mer sur un faisceau de lumière », soulignant le potentiel de cette technologie naissante.
Sortir le câble : une opération délicate
La remontée est conduite avec précaution par le navire MV Maasvliet et l’entreprise Subsea Environmental Services. Le principal défi consiste à localiser précisément chaque segment du câble pour pouvoir l’attraper avec des grappins. Une fois hissés à bord, les segments sont enroulés à la main afin de préserver l’intégrité des fibres de verre.
Les conditions météorologiques difficiles, notamment une saison cyclonique précoce, ont compliqué l’opération et contraint le navire à ajuster sa trajectoire. Malgré ces obstacles, l’équipe s’efforce de récupérer chaque partie de ce réseau sous-marin historique.
La récupération du TAT-8 a un double intérêt, économique et stratégique. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit une possible pénurie de cuivre d’ici la prochaine décennie, ce qui rend la récupération du cuivre de haute qualité contenu dans ces câbles d’autant plus importante. L’acier pourra être réutilisé, et la gaine en polyéthylène pourrait être transformée en plastique recyclé, contribuant à un cycle de vie des matériaux plus durable.
Environ 2 000 000 km de câbles similaires ont été retirés du service à l’échelle mondiale, ce qui montre l’importance de l’interconnexion énergétique. Beaucoup d’autres restent encore posés au fond des océans ; les remonter pourrait libérer de l’espace et permettre de développer des infrastructures capables de soutenir la demande croissante en bande passante.





