À Laufenburg, une petite ville rhénane du canton d’Argovie en Suisse, FlexBase Group mène un projet ambitieux : construire la plus grande batterie géante à flux redox au monde. D’après Media24, l’installation sera implantée à 27 mètres sous terre (l’équivalent d’un immeuble de huit étages), dans un volume creusé de 20 000 m², soit la superficie de deux terrains de football. Prévu pour 2029, ce chantier à grande échelle veut bouleverser le stockage de l’énergie en Europe et questionner notre manière de penser les infrastructures énergétiques durables.
Un projet hors norme et ses caractéristiques
Le site de FlexBase se distingue par sa localisation souterraine et ses choix techniques. La batterie à flux redox affichera une capacité énergétique de 2,1 GWh et une puissance de 1,2 GW, des valeurs comparables à celles de la centrale nucléaire de Leibstadt. La technologie se distingue aussi par son électrolyte composé à 75 % d’eau, non toxique, ininflammable et recyclable. Le projet est présenté comme « la plus grande batterie à flux redox jamais construite » et requiert un investissement estimé entre 1,10 et 5,70 milliards d’euros. Si les performances prévues sont atteintes, l’installation dépassera l’ancien record mondial pour ce type de batterie, fixé à 1 GWh.
L’histoire et l’évolution de la technologie
Le principe des batteries à flux redox remonte à 1879 et a été repris et approfondi par la NASA dans les années 1980. Le fonctionnement repose sur l’échange d’ions entre des liquides qui circulent de part et d’autre d’une membrane. À la différence des batteries lithium-ion, ces dispositifs n’incluent pas de solides qui se dégradent, pas d’électrodes qui s’usent, ni de risques d’emballement thermique. Théoriquement, cela permet une recharge répétée sans perte de performance, ce qui réduit les coûts liés à l’usure. En revanche, la densité énergétique reste inférieure à celle du lithium-ion.
Quel rôle sur le marché de l’énergie
Alors que les énergies renouvelables ont dépassé le charbon en 2025, FlexBase entend jouer un rôle majeur dans la transition énergétique européenne en raccordant la batterie au réseau Swissgrid. Cette connexion doit optimiser le stockage et la distribution de l’électricité, un atout pour gérer les variations de la demande. Comme le résume Gabriele Crivelli de Swissgrid : « Les grandes batteries peuvent stocker l’énergie quand il y en a beaucoup et en relâcher quand on en a besoin. »






