La guerre américano-israélo-iranienne, souvent désignée comme la « guerre au Moyen-Orient », a provoqué une crise inédite dans le détroit d’Hormuz. Depuis le 28 février, date de début de ce conflit, la circulation maritime dans ce que l’on appelle souvent le « point d’étranglement pétrolier le plus important au monde » est quasiment à l’arrêt. Cette situation met en danger non seulement la stabilité géopolitique de la région, mais aussi l’économie mondiale, avec des prix de l’énergie qui flambent.
Comment la guerre a chamboulé le trafic maritime
Le blocus du détroit d’Hormuz par l’Iran représente, selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA), la plus grande perturbation d’approvisionnement jamais enregistrée, exacerbée par les tensions maritimes. Elle dépasse les chocs pétroliers des années 1970 et la coupure des gazoducs russes après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. En l’espace de 24 heures, le nombre de navires ayant réussi à traverser le détroit est tombé à seulement 3. À noter qu’une brève ouverture iranienne fin février avait permis à plus d’une douzaine de pétroliers de transiter.
Avant le début des hostilités, le détroit d’Hormuz assurait près d’un cinquième des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié. La fermeture actuelle, ajoutée à la saisie d’un navire iranien par les États-Unis, accentue les tensions entre Washington et Téhéran et met en péril une trêve fragile déjà sur les rails. L’Iran reste inflexible, refuse de lancer de nouvelles négociations de paix et promet de riposter.
Des routes de secours, mais pas sans limites
Il existe des solutions de contournement, mais elles sont loin d’être parfaites, comme la route alternative empruntée par l’Arabie saoudite. Le pipeline East,West en Arabie saoudite, long de 1 200 km et capable de transporter jusqu’à 7 millions de barils par jour (b/j), débouche sur le port de Yanbu, avec des routes vers l’Europe via le canal de Suez ou vers l’Asie en passant par le détroit de Bab el-Mandeb, explique BFMTV. Ce dernier itinéraire reste toutefois exposé à des risques sécuritaires liés aux militants Houthis du Yémen.
Les Émirats arabes unis comptent sur le pipeline Habshan,Fujairah, opéré par ADNOC, avec une capacité déclarée entre 1,5 et 1,8 million b/j, mais ce conduit a récemment été visé par des attaques de drones. D’autres oléoducs offrent des solutions partielles : le Kirkuk,Ceyhan (Irak → Turquie) et le Goreh,Jask (Iran). Le Kirkuk,Ceyhan a vu le pompage reprendre à 170 000 b/j en mars, tandis que le Goreh,Jask reste limité par son terminal inachevé.





