Iran en crise : pourquoi l’Algérie et la Libye reviennent au centre du jeu pétrolier

L’Algérie et la Libye, malgré des défis politiques, pourraient devenir des acteurs clés de l’approvisionnement énergétique mondial.

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Iran en crise : pourquoi l’Algérie et la Libye reviennent au centre du jeu pétrolier
Iran en crise : pourquoi l’Algérie et la Libye reviennent au centre du jeu pétrolier © L'EnerGeek

La récente crise au Moyen-Orient liée à la guerre en Iran a sérieusement touché les infrastructures du Golfe et a poussé les regards vers l’Algérie et la Libye. Ce blocage au Moyen-Orient incite les pays européens à chercher d’autres sources de gaz et de pétrole. Mais les experts restent plutôt sceptiques sur la capacité de ces pays africains à compenser rapidement les pertes provoquées par ce conflit international.

Les gazoducs : capacités et limites

Les gazoducs algériens Transmed et Medgaz, qui relient respectivement l’Algérie à l’Italie et à l’Espagne, sont au cœur de l’approvisionnement énergétique. Ces infrastructures offrent un avantage sécuritaire notable. Comme le souligne Moez Ajmi, elles sont « hors d’atteinte des drones et missiles iraniens et du Hezbollah » cite BFMTV.

Cela dit, les deux tuyaux tournent déjà à plein régime. Transmed n’a aucune marge supplémentaire, tandis que Medgaz pourrait, selon Geoff Porter, augmenter potentiellement d’un milliard de mètres cubes par an.

Sur le plan des assurances et de la sécurité, ces pipelines constituent d’« excellentes alternatives », mais ils ont des « limites structurelles » pour compenser une baisse d’approvisionnement depuis le Moyen-Orient, ajoute Porter.

Ce que prévoit l’Algérie

L’Algérie, premier exportateur de gaz en Afrique et membre de l’OPEP, joue un rôle majeur dans la situation actuelle. Avec des réserves prouvées dépassant 4 500 milliards de mètres cubes et une production d’environ 100 milliards de mètres cubes par an, elle représente la moitié de la production du Qatar, selon les comparaisons. L’objectif est de doubler cette production pour atteindre 200 milliards de mètres cubes par an d’ici 2030.

Sonatrach (la compagnie nationale algérienne) pousse pour maximiser ses capacités afin de profiter des prix spot élevés, tout en redirigeant des volumes vers les marchés européens et asiatiques. Mais, selon Geoff Porter, ces progrès demanderont des investissements lourds : l’Algérie n’a pas encore les réserves de production nécessaires pour remplacer rapidement le Qatar. Des discussions sont en cours avec de grands groupes comme Chevron et ExxonMobil, mais une hausse notable des volumes ne se concrétisera pas avant quatre à cinq ans.

La Libye : potentiel et freins

La Libye dispose d’un gisement pétrolier important, avec 48,4 milliards de barils de réserves. Elle a la capacité d’augmenter l’extraction et les exportations. Moez Ajmi note que la production a récemment atteint un niveau inédit de 1,4 million de barils par jour, et l’objectif affiché est de porter cette production à 2 millions de barils par jour.

Pour autant, l’instabilité politique et sécuritaire freine tout plan d’expansion immédiat. Il faudra plusieurs années d’investissements soutenus pour transformer ces ambitions en réalité.

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