La récente hausse des prix des carburants en France relance les débats. Les grands acteurs de la distribution, et en particulier Thierry Cotillard, PDG du Groupement Mousquetaires/Intermarché, ont pris position, demandant à l’État de revoir ses marges pour alléger la facture des consommateurs. Cette demande intervient dans un contexte géopolitique tendu, aggravé par la guerre au Moyen-Orient, qui pèse sur les cours du pétrole.
Ce que disent les principaux acteurs
Lors d’une conférence au Salon Franchise Expo à Paris le lundi 16 mars, Thierry Cotillard a demandé à l’État de « réduire sa marge » sur les recettes tirées des carburants, afin d’équilibrer le prix à la pompe pour les consommateurs. Il a jugé « assez malhonnête intellectuellement » d’accuser les distributeurs d’amplifier exagérément les prix, rappelant que l’essence sert surtout de « produit d’appel » pour attirer des clients en magasin.
Dominique Schelcher, PDG de la Coopérative U, a aussi exprimé ses inquiétudes sur la répartition des recettes. Jeudi dernier, il a déclaré que l’État est le « grand gagnant » de cette hausse des prix, estimant que « plus de 51 % du prix que vous payez à la pompe part directement dans ses poches ».
Réactions et promesses des distributeurs
Intermarché, via son PDG, a assuré auprès d’un journaliste de l’AFP qu’enseigne compte maintenir une marge minimale. L’enseigne dit aussi qu’elle répercutera intégralement toute baisse de prix du cours du pétrole sur le prix à la pompe, promettant ainsi une totale transparence envers ses clients, comme lors de l’opération prix coûtant.
La réponse du ministère de l’Économie
Le ministère de l’Économie a clairement contesté les affirmations de Dominique Schelcher. Selon le ministère, la plupart des recettes fiscales liées aux carburants ne varient pas proportionnellement avec le prix, sauf la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), fixée à 20 %, qui est la seule part qui augmente systématiquement quand le prix des carburants augmente.
Lors d’une réunion avec les distributeurs de carburants jeudi dernier, le ministère a tenu à rappeler cette explication. Aucune décision n’a toutefois été prise sur un éventuel encadrement des prix.




