Depuis le début de l’année 2026, le marché du gaz européen, indexé sur le TTF d’Amsterdam, connaît une progression continue. Mais c’est à partir de début mars que la hausse s’accélère brutalement, avant un nouveau choc le 19 mars au matin.
À cette date, le gaz TTF atteint environ 66 à 68 euros par MWh, en hausse de plus de 20 % en une seule séance selon plusieurs données de marché. En quelques semaines, le prix a doublé, révélant une crise énergétique en formation.
Gaz : une hausse progressive depuis janvier
Au début de l’année, le marché du gaz est relativement stable. En janvier 2026, les prix évoluent autour de 30 à 32 euros par MWh, dans un contexte de stocks encore confortables et de demande modérée. Cette stabilité se prolonge jusqu’à mi-février. Le gaz reste dans une fourchette comprise entre 30 et 35 euros par MWh. Le marché ne perçoit pas encore de risque majeur sur l’approvisionnement.
Toutefois, cette situation masque une fragilité structurelle. L’Europe dépend fortement des importations de gaz naturel liquéfié, notamment en provenance du Qatar. Cette dépendance expose le marché à tout choc externe.
Début mars : un premier choc qui fait bondir les prix du gaz
Le basculement intervient fin février et début mars. En quelques jours, les prix du gaz explosent. Le TTF passe d’environ 32 euros le 27 février à plus de 44 euros le 2 mars, puis atteint jusqu’à 63 à 65 euros en séance le 3 mars, selon les données d’Investing. Il s’agit d’une hausse de près de 100 % en quelques jours.
Ce mouvement s’explique par les premières tensions au Moyen-Orient et les frappes israélo-américaines sur Téhéran. Les marchés anticipent des perturbations sur les flux de gaz naturel liquéfié. La simple menace suffit à déclencher une réaction immédiate. Après ce pic, les prix se stabilisent temporairement autour de 50 euros par MWh. Mais cette stabilisation reste fragile.
Mi-mars : un marché sous tension avant l’escalade
À la mi-mars, le gaz évolue encore autour de 47 à 50 euros par MWh. Le marché reste sous pression, mais sans nouvelle flambée immédiate. Cette phase correspond à une attente. Les investisseurs surveillent l’évolution du conflit, sans anticiper encore une escalade majeure.
Cependant, les fondamentaux restent tendus. La dépendance au GNL, la fragilité des flux et la concentration des sources d’approvisionnement créent un terrain propice à une nouvelle hausse.
19 mars : une nouvelle flambée liée aux frappes sur le GNL
Le 19 mars au matin marque un nouveau tournant. Dans la nuit, des frappes visent des infrastructures énergétiques dans le Golfe, notamment le complexe de Ras Laffan au Qatar, l’un des plus grands centres d’exportation de gaz naturel liquéfié au monde.
Cette attaque déclenche une réaction immédiate des marchés. Le gaz TTF bondit de plus de 20 % en quelques heures pour atteindre environ 66 à 69 euros par MWh. Associated Press évoque une hausse d’environ 24 % en une séance.
Une hausse du gaz plus rapide que celle du pétrole
La comparaison avec le pétrole est éclairante. Sur la même période, le pétrole a fortement augmenté, mais dans des proportions moindres. Le Brent est passé d’environ 90 dollars à plus de 115 dollars, soit une hausse d’environ 25 %. Le gaz, lui, a doublé, passant de 30 à près de 70 euros et a donc plus que doublé de prix.
Cette différence s’explique par la nature du marché. Le gaz est plus difficile à stocker et dépend davantage des flux en temps réel. Le rôle du GNL est central. Or, le Qatar représente une part essentielle du marché mondial du GNL. Toute perturbation, même temporaire, a un impact immédiat sur les prix.




