Ce que l’IA a découvert sur les empreintes digitales inquiète déjà police et experts

L’IA remet en question l’unicité des empreintes digitales, révélant des similitudes invisibles entre doigts.

Publié le
Lecture : 2 min
Ce que l’IA a découvert sur les empreintes digitales inquiète déjà police et experts
Ce que l’IA a découvert sur les empreintes digitales inquiète déjà police et experts © L'EnerGeek

Un rapport récent publié dans la revue Science Advances présente une découverte surprenante par des chercheurs des universités de Columbia et de Buffalo. L’étude, qui s’appuie sur l’intelligence artificielle (IA), pourrait faire bouger nos certitudes sur les empreintes digitales, la base de la police scientifique depuis plus d’un siècle, en raison des comportements imprévisibles des IA. L’IA a repéré des similitudes de structure entre différents doigts d’une même personne, invisibles à l’œil nu mais détectables par la machine.

L’IA décortique les empreintes digitales

Jusqu’à présent, la police scientifique partait du principe que chaque doigt possède une empreinte unique, hypothèse qui a servi de preuve dans des milliers d’affaires. Cette étude suggère que cette certitude mérite d’être réévaluée. En analysant 60 000 empreintes digitales, l’IA a obtenu un taux de réussite de 77 % pour repérer des similitudes entre différents doigts d’une même personne, un résultat que des experts humains n’arrivent pas à atteindre.

Le système ne se limite pas aux minuties (les petits détails comme une terminaison de ligne ou une bifurcation) : il prend aussi en compte la structure globale des empreintes, notamment les angles des courbes et l’orientation des crêtes au centre du doigt.

Des découvertes avec des applications concrètes

Cette capacité pourrait changer la façon dont on relie des empreintes trouvées sur des scènes de crimes différentes, même si elles viennent de doigts différents. Par exemple, l’outil peut réduire une liste de 1 000 suspects à moins de 40 candidats potentiels en quelques secondes. Malgré une confiance mathématique annoncée de 99,99 %, la précision actuelle de l’IA n’est pas considérée comme suffisante pour fonder une condamnation solide.

Les chercheurs préconisent d’utiliser cet outil comme générateur de pistes pour aider les enquêtes, et non comme preuve autonome devant les tribunaux. L’étude reconnaît ses limites et admet que l’outil « n’est pas encore prêt pour le tribunal ».

Ce que ça change pour la sécurité biométrique

Au-delà des enquêtes, la découverte pose des questions pour la sécurité biométrique, soulignant les dangers potentiels de l’IA. Les smartphones, ordinateurs et contrôles aux frontières, qui reposent souvent sur les empreintes digitales, pourraient devenir vulnérables. Un pirate, en exploitant les schémas récurrents détectés par l’IA, pourrait potentiellement prendre le contrôle de ces dispositifs en utilisant une empreinte synthétique.

Il faudra donc repenser la sécurité biométrique à la lumière de cette avancée technologique et de ses possibles conséquences, en tenant compte des enjeux technologiques et éthiques. Comme le souligne l’article : « La frontière entre une avancée technologique majeure et une vulnérabilité critique n’a jamais semblé aussi fine, nous forçant à repenser totalement ce qui nous définit comme étant uniques. »

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.