Panneaux solaires : l’Inde accélère si fort que même l’État peine à suivre la demande

L’Inde, avec ses géants solaires comme Adani et Tata, révolutionne son avenir énergétique.

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Panneaux solaires : l’Inde accélère si fort que même l’État peine à suivre la demande
Panneaux solaires : l’Inde accélère si fort que même l’État peine à suivre la demande © L'EnerGeek

La course aux renouvelables bat son plein en Inde. Avec près de 1,5 milliard d’habitants, le pays a un « appétit insatiable d’électricité » et mise gros sur le solaire pour réduire sa dépendance énergétique vis-à-vis du rôle prépondérant de la Chine. La fabrication nationale de panneaux s’accélère grâce à des politiques gouvernementales incitatives et pourrait bien bouleverser le paysage énergétique mondial.

Ça pousse partout : les sites de production solaires en Inde

Le développement se concentre sur plusieurs sites clés. L’immense usine du groupe Adani à Mundra, à l’ouest, se distingue par une capacité de production impressionnante : ses chaînes, qui « crachent leurs plaques photovoltaïques en continu », peuvent sortir jusqu’à 10 000 plaques par jour. De là, les panneaux sont transportés jusqu’au désert de Khavda, à environ 100 km au nord, pour alimenter ce qui doit devenir la plus grande centrale solaire du monde d’ici 2030.

Au sud, dans l’État du Tamil Nadu, l’usine Tata à Tirunelveli emploie principalement des femmes : environ 4 000 employées travaillent en « trois-huit » pour assurer, selon Praveer Sinha, PDG de Tata Power, « un meilleur rendement et une meilleure productivité ».

Qui mène la danse et quelles stratégies

D’après BFMTV, trois géants indiens (Adani, Tata, et Reliance) dominent la vague solaire avec des usines très robotisées. Muralee Krishnan, patron d’Adani Solar, explique la nécessité de tourner « à plein régime » pour répondre à la demande. Adani envisage même d’investir dans l’extraction de silicium, la matière première clé aujourd’hui importée de Chine. Tata Power étudie aussi la possibilité de produire ses propres feuilles de silicium.

Pour autant, des obstacles persistent. Tejpreet Chopra, directeur de Bharat Light and Power, rappelle que « il est toujours moins cher d’importer de Chine que de fabriquer ici », et souligne les difficultés d’accès au marché américain à cause des droits de douane élevés.

Politique nationale et tensions internationales

Sous l’impulsion du Premier ministre Narendra Modi, l’Inde vise un « faire en Inde » où les productions locales, largement subventionnées, sont favorisées au détriment des importations chinoises. Cette orientation a provoqué des tensions mondiales : la Chine a déposé une plainte à l’OMC contre les subventions indiennes, en raison de la surproduction de panneaux en Chine.

Les mesures visent à atteindre une capacité de 500 GW d’énergies renouvelables d’ici 2030, dont 280 GW provenant du solaire. Mais des risques de surcapacité commencent à apparaître. Yana Hryshko, analyste chez Wood Mackenzie, parle des « premiers signes de surcapacité » liés aux subventions généreuses et au rythme effréné des annonces industrielles.

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